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Européennes: Yannick Jadot explique pourquoi il a refusé "les magouilles" de Ségolène Royal

L'eurodéputé Europe écologie - Les Verts, qui conduira la liste de son parti pour les prochaines élections européennes, explique préférer "sauver le climat" que le Parti socialiste.

"Je lui réponds 'non'." Invité de Jean-Jacques Bourdin pour RMC et BFMTV ce vendredi matin, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot revient sur son refus d'accueillir, dans la liste Europe écologie - Les Verts (EELV) qu'il conduira pour les prochaines élections européennes, Ségolène Royal, qui s'était proposée de la rejoindre en tant que numéro de 2.

Avec cette fin de non-recevoir, c'est la perspective d'une union à gauche, même partielle, qui s'évanouit. Mais notre invité explique ne pas avoir entendu la même chose dans l'appel lancé par l'ancienne ministre de l'Environnement. "Moi ce que j'entends c'est 'trouvons une solution pour sauver le PS! Faisons survivre le Parti socialiste'." Un objectif que l'élu ne souhaite pas regretter plus tard:

"Je n'ai pas envie que mes enfants me disent 'tu as préféré sauver le Parti socialiste plutôt que de sauver le climat'."

Il ne lui a jamais répondu

Yannick Jadot confirme ainsi avoir été sollicité pendant plusieurs semaines par celle qui s'était qualifiée au second tour de la présidentielle en 2007. Et de ne lui avoir jamais répondu: "Je n'ai pas envie de rentrer dans ces magouilles", tranche-t-il. Avant de se montrer très dubitatif sur l'intérêt d'un rassemblement entre les gauches. "Vous savez, il y a des millions de Français qui sont orphelins de la gauche. Ce que j'ai envie de leur dire, c'est ce n'est pas la nostalgie qui va nous sauver (...) Il faut des écologistes pour porter l'écologie."

Pour illustrer cette urgence, l'ancien directeur de campagnes chez Greenpeace France évoque également sa présence à Katowice, où s'est déroulée la COP24 pour le climat. "Quand vous êtes à Katowice, en Pologne, vous sortez dans la rue, vous êtes saisi, parce qu'il y a le charbon qui vous tombe sur les bronches. Il n'y avait pas de dirigeant du gouvernement français lors des discussions les plus dures, il n'y avait pas de responsable politique car ils considèrent que le climat, c'est une mode, c'est un discours", accuse-t-il.

"Moi, ma seule responsabilité, c'est de sauver l'avenir de notre jeunesse."

La réponse de Royal

Alors que Yannick Jadot était encore sur notre plateau, Ségolène Royal lui a répondu par le biais d'un tweet: "On peut refuser une offre de rassemblement sans insulter ni mentir: non je n’ai pas défendu le diesel; non je n’ai pas défendu Notre-Dame-des-Landes; oui j’ai signé la fermeture de Fessenheim: oui j’ai lutté contre l’écologie punitive de la taxe carbone." Et de conclure "oui" pour "l'union de la planète".

Jérémy Maccaud