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Et le rigide Edouard Philippe céda à la colère des gilets jaunes

Ce mardi, le Premier ministre a notamment annoncé la suspension des trois mesures fiscales sur les prix du carburant lors d'une allocution à Matignon. Ce faisant, il a formulé le mea culpa de l'exécutif.

Suspension des trois mesures fiscales sur le prix des carburants, notamment l'augmentation de la taxe carbone, suspension du durcissement des modalités du contrôle technique, suspension de l'augmentation des tarifs du gaz et de l'électricité. Ce sont les décisions prises par l'exécutif, et annoncées ce mardi depuis l'Hôtel Matignon par le Premier ministre Edouard Philippe lors d'une allocution, et ces axes feront l'objet de débats lors de la large concertation voulue par le chef de l'Etat et le gouvernement. La prise de parole du chef de gouvernement a aussi cherché à faire acte de contrition après des semaines de mobilisation des gilets jaunes. 

Philippe s'adresse à "une colère qui vient de loin"

Évoquant cette dernière, Edouard Philippe a glissé:

"Cette colère vient de loin. Elle a longtemps couvé, elle est souvent restée muette par pudeur, ou par fierté. Elle est aujourd’hui exprimée avec force et de façon collective. Cette colère, il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas la voir et l’entendre. Comme le président de la République, cette colère, je l’entends et j’en mesure à la fois la réalité, la force et la gravité. C’est la colère de la France qui travaille, et qui travaille dur, et qui peine à joindre les deux bouts. La colère des Français qui sont dos au mur, celle aussi des mères de familles qui élèvent seules leurs enfants."

"Nous devons changer quelque chose" 

Il a poursuivi sa description du quotidien difficile des classes moyennes et populaires: "Cette colère prend sa source dans une profonde injustice, celle de ne pas pouvoir vivre dignement du fruit de son travail, de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de ses enfants alors que les journées commencent tôt et finissent tard, surtout si on y ajoute le temps de transport." Edouard Philippe est revenu sur les entretiens qu'il a menés ces derniers jours avec des partenaires sociaux, des élus, des responsables politiques. De ces rencontres, il dit tirer deux conclusions. "D’abord, les Français qui ont enfilé un gilet jaune aiment leur pays. Ils veulent que les impôts baissent et que le travail paie. C’est aussi ce que nous voulons, ce sont aussi nos valeurs", a-t-il posé. 

Edouard Philippe a alors relevé a minima un défaut de méthode dans la stratégie gouvernementale. "C’est le cœur de l’engagement du président de la République, et si je n’ai pas réussi à l’exprimer, si la majorité a peiné à en convaincre les Français, c’est que je dois et que nous devons changer quelque chose", a-t-il noté avant d'ajouter: "Fixer le cap, et le tenir, est une nécessité pour gouverner la France mais aucune taxe ne mérite de mettre en danger l’unité de la nation."

"Le temps du dialogue" 

Enfin, il a terminé ainsi: "C'est maintenant le temps du dialogue. J’ai la conviction profonde que lorsqu'on met des Français de volonté autour d’une table, on trouve des solutions. C’est ce que je vous propose de faire". 
Robin Verner