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Entre Versailles et Sens Commun: le parcours de François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains

François-Xavier Bellamy en 2014

François-Xavier Bellamy en 2014 - François-Régis Salefran/Creative commons

Inconnu du grand public il y a encore quelques semaines, le trentenaire aura la lourde tâche de porter le parti de droite à la prochaine échéance européenne.

Après plusieurs semaines de tergiversations et d'interrogations c’est presque officiel, François-Xavier Bellamy devrait bien tenir la tête de liste des Républicains aux prochaines élections européennes qui se tiendront en mai prochain.

Comme le souligne Le Figaro, c’est l’homme fort des Républicains Laurent Wauquiez qui va, ce mardi dans le cadre de la Commission nationale d'investiture, proposer l’homme de 33 ans à ce poste, suivi de l'élue francilienne Agnès Evren et de l'eurodéputé sortant Arnaud Danjean.

Un choix synonyme de prise de risque pour LR, déjà à la peine dans les sondages. Actuellement adjoint au maire de Versailles, François-Xavier Bellamy ne possède qu'une expérience limitée en politique et divise, au sein même de sa formation politique.

Engagement précoce

Professeur et auteur de philosophie, François-Xavier Bellamy est également connu pour ses positions conservatrices. Dès 2006, alors qu'il n'est âgé que de 21 ans, le jeune homme prend part à une manifestation organisée contre la tenue d'une exposition alors jugée polémique dans la Chapelle royale du château de Versailles. Au cours de la mobilisation, il est interpellé après qu'un agent de sécurité a été blessé dans une bousculade et placé en garde à vue durant 22 heures. Avant d'être blanchi.

Une mésaventure finalement synonyme d'entrée en politique pour ce normalien, repéré et invité par Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Culture de Dominique de Villepin. Il lui est proposé de devenir sa plume. Les portes s'ouvrent pour le jeune homme qui par la suite travaillera au sein de deux cabinets ministériels, celui de Rachida Dati à la Justice et de Nathalie Kosciusko-Morizet, à l’Ecologie.

Ce n'est que deux années plus tard, en 2008, que Bellamy est de retour à Versailles. Présent sur la liste de François de Mazières pour les élections municipales de 2008, il devient l'un des plus jeunes adjoints au maire de France. En revanche, François-Xavier Bellamy a également connu l'échec puisque battu en 2017 dans le cadre des législatives par le candidat de LaREM Didier Baichère.

A la reconquête d'une droite conservatrice 

Reste que, ce court parcours politique est bien loin de donner à François-Xavier Bellamy la légitimité d'un scrutin européen. Alors pourquoi un tel choix du côté des Républicains? Peut-être faut-il y voir une tentative de rapprochement avec un électorat plus conservateur.

Il y a quelques jours seulement, une interview du futur tête de liste, dans le JDD, a laissé entrevoir une vision assez conservatrice concernant l'IVG. 

"Cette question de l'IVG est une conviction personnelle que j'assume. Mais je comprends qu'elle ne soit pas partagée, et vous ne trouverez de ma part aucune parole offensante ni aucun jugement" avait-il martelé. 

Décrit comme un catholique conservateur, proche de Sens Commun et de la Manif pour tous, il est opposé au mariage pour tous ainsi qu'à l'ouverture de la PMA aux célibataires et aux couples de femmes. il y a quelques semaines, c'est Laurent Wauquiez lui-même qui avait fait polémique en comparant la PMA à l'"eugénisme" mené par le "régime nazi."

Divisions chez LR

Reste que, François-Xavier Bellamy est bien loin de faire l'unanimité au sein même de son parti. Sous couvert d'anonymat, un élu de droite affichait, toujours au JDD, son pessimisme.

"Il fait chérubin. Il est un peu hors-sol et il n'est pas armé. Je ne l'ai pas senti guerrier. On va en faire de la bouillie, il va ressortir traumatisé" expliquait-il. 

Voix importante à droite, le président du Sénat Gérard Larcher a lui-aussi fait part de ses doutes quant au trentenaire. C'est également le cas pour Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée.

Un récent sondage crédite la liste LR de 12,5% des intentions de votes, loin des listes LaREM et LFI toutes deux créditées de 20,5 et 23,5%.
Hugo Septier