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Enfants de jihadistes en Syrie: pour Villepin la France doit "assumer" sa responsabilité

Invité de BFMTV et RMC, l'ancien Premier ministre juge l'approche "au cas par cas" adoptée par le gouvernement sur cette épineuse question comme une bonne solution, qui ne doit toutefois pas être dénuée de "principes".

"C'est une question très difficile." Invité de BFMTV et RMC ce vendredi matin, Dominique de Villepin s'est exprimé au sujet du rapatriement en France des enfants de jihadistes se trouvant en Syrie, sujet qui divise toujours autant la classe politique que les Français. La veille, le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nunez a affirmé qu'un retour des dits enfants lorsqu'ils sont détenus avec leur mère dans des camps serait exclu.

"Le gouvernement a fait le choix d'une réponse au cas par cas", commente l'ancien Premier ministre. "Cette idée de répondre au cas par cas me paraît juste, et, en tout cas, prend en compte la complexité des situations", poursuit notre invité, qui souhaite toutefois ajouter à cet épineux débat "une question de principes":

"Le cas par cas doit s'appuyer sur des principes, autant que faire se peut; ne séparons pas les mères des enfants, et assumons nos responsabilités vis-a-vis des enfants."

Ces enfants sont "innocents"

S'il reconnaît qu'"il y a beaucoup de peur en France sur ces retours", celui qui était en charge des Affaires étrangères de 2002 à 2004 estime également "qu'on ne peut pas laisser ces enfants mourir comme c'est le cas dans ces camps, au nord-est de la Syrie".

"Nous ne ne pouvons pas laisser des enfants dans cette situation de dénuement", martèle-t-il.

Derrière la crainte qui accompagne ces retours en métropole, Dominique de Villepin juge au contraire qu'il serait plus dangereux de ne rien faire. "Pour essayer de nous protéger aujourd'hui, nous risquons de nous préparer des lendemains extrêmement compliqués et difficiles. Avant de préciser, en conclusion, que ces enfants "sont totalement innocents des crimes qu'ont commis leurs parents".
Jérémy Maccaud