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Emmanuel Macron à l'épreuve des voeux

Emmanuel Macron lors des voeux de 2017

Emmanuel Macron lors des voeux de 2017 - AFP

Ce lundi, le chef de l'État adressera ses traditionnels vœux aux Français. Un exercice qui s'annonce périlleux compte tenu du climat social actuel.

Emmanuel Macron va tenter de reprendre le cap de son quinquennat en adressant ses vœux aux Français à 20 heures ce lundi, au moment-même où des gilets jaunes ont prévu de se rassembler sur les Champs-Élysées. Dans cet ultime discours de l’année, qui a été enregistré et devrait durer 16 minutes, le président va s’efforcer de retracer des perspectives claires. “Je pense qu’en 2019, on peut engager l’acte deux de la transformation du pays”, espère Bruno Fuchs, député LaREM du Haut-Rhin.

“Avec l’acte un, on a remis en route l’économie du pays (...), il faut maintenant passer à la phase deux avec deux enseignements issus du mouvement des gilets jaunes, qui sont la justice sociale et que les citoyens puissent, en temps réel, participer à la vie politique du pays”, explique Bruno Fuchs sur notre antenne à quelques heures de l'allocution.

Le député marcheur fait référence au grand débat national, une mesure annoncée début décembre pour répondre à la crise des gilets jaunes et dont le président de la République doit préciser les contours pendant ses vœux.

Se montrer davantage à l'écoute

Selon un proche du chef de l’État, Emmanuel Macron devrait user de mots marquants, comme "autorité” ou “rassemblement", avec le double défi d'apaiser les colères et de relancer son programme de réformes. Il n’est en effet plus question de faire des annonces. L'enjeu est de convaincre qu'il est capable de montrer davantage d'écoute et de bienveillance.

“Ce sont évidemment des vœux qui vont être compliqués, après plusieurs semaines de troubles et sept mois de dégringolades dans l’opinion du président de la République”, analyse Christophe Barbier, éditorialiste politique à BFMTV. Ces vœux restent tout de même une opportunité pour Emmanuel Macron de "reprendre la main", continue Christophe Barbier.

“S’il s’exprime en disant aux Français qu’il a besoin d’eux pour réussir, s’il arrive à renverser la vapeur, alors il n’aura pas perdu son temps ce soir”, estime l’éditorialiste.

Parler de l'avenir

Les vœux à la nation offrent au président la possibilité de parler de l'avenir, des réformes annoncées pour 2019, qui restent sa priorité, en particulier celle des retraites et de la fonction publique. Sur les nouvelles initiatives - comme le débat national - le président pourrait aussi en rappeler les limites, comme il l'avait déjà fait le 10 décembre. Pour lui, pas question de rejouer la présidentielle de 2017 ni de "détricoter" ce que le gouvernement et le Parlement ont mis en place depuis 18 mois.

Le calendrier de 2019 est en tout cas déjà bien chargé et recèle de nombreuses embûches: notamment avec la mise en place de la prime d'activité d'une centaine d'euros pour les petits salaires ou l'entrée en vigueur du prélèvement à la source, visible sur les feuilles de paie de fin janvier. Fin mai, le président affrontera les Européennes, premier grand scrutin électoral de son mandat.

Troisième allocution en un mois et demi

Son allocution, qu'il prévoit d'enregistrer en fin d'après-midi, sera retransmise sur toutes les grandes chaînes de télévision. L'an dernier, ses vœux, très classiquement enregistrés à son bureau, avaient attiré 11,2 millions de téléspectateurs. Plus de 23 millions de personnes avaient en revanche regardé son allocution du 10 décembre - un record pour une intervention politique.

Il s’agira de la troisième intervention du chef de l’État en un mois et demi, la première ayant eu lieu le 14 novembre, au tout début de la crise des gilets jaunes. Une interview de TF1, en direct du porte-avions “Charles-de-Gaulle”, pendant laquelle le président de la République s’était laissé aller à un premier mea culpa, en déclarant: “je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants”.

Valentine Arama avec AFP