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Sénatoriales: ce que ça change pour Emmanuel Macron

Les élections sénatoriales ont été remportées par le parti Les Républicains qui conforte sa majorité dans la Chambre haute. Du côté de La République en marche, pas de percée. Une défaite attendue mais qui n'est pas sans conséquence.

Des élections pour rien? Pas tout à fait. Les sénatoriales représentaient ce dimanche le dernier scrutin d'une année électorale riche. Les grands électeurs devaient renouveler la moitié des 348 sénateurs. Et ils ont conforté la majorité à droite au Sénat, en accordant une timide entrée aux élus LREM. 

Politiquement, la victoire de LR et la défaite du parti d'Emmanuel Macron ne sont pas une surprise. Le mode de scrutin repose sur les élus locaux, et donc les résultats des précédentes élections, antérieures aux scrutins présidentiel et législatifs. Résultat: la percée de LREM est très modérée, et aucun sénateur de la France insoumise ni du Front national ne vient s'ajouter au Palais du Luxembourg.

Pas de majorité constitutionnelle 

Ce vote met toutefois en place un contrepoids à la majorité parlementaire du mouvement d'Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale. Un équilibre léger, car le Parlement bicaméral est largement dominé en France par l'Assemblée nationale. Si les deux chambres jouissent, en théorie, de droits identiques dans la procédure législative, en cas de désaccord, c'est le Palais Bourbon qui tranche en dernier ressort.

Mais avec ce résultat, il y a une majorité que La République en marche n'a pas: la majorité constitutionnelle. En effet, en cas de révision de la Constitution ou d'appel au Congrès par le chef de l'Etat, le mouvement d'Emmanuel Macron ne bénéficie pas de la majorité des trois cinquièmes nécessaire pour faire adopter un texte.

Avec ce vote, c'est la fin d'une longue séquence électorale. Les pages de la présidentielle et des législatives sont désormais bien tournées. Les prochaines élections devraient être les européennes, en 2019, suivies des municipales en 2020. Ce qui laisse du temps au gouvernement pour faire adopter ses réformes, sans un calendrier tronqué par les campagnes.

Ivan Valerio