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Le mea culpa de Macron pour calmer la colère des gilets jaunes 

Emmanuel Macron à l'Elysée ce lundi soir.

Emmanuel Macron à l'Elysée ce lundi soir. - BFMTV

Alors que les attaques envers son style, sa personne et sa politique se multiplient depuis le début de la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron a tenté ce lundi soir un geste d'apaisement en direction des Français, en reconnaissant des erreurs et une "part de responsabilité".

Un mois après le début de la crise politique la plus grave depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron a changé de ton lors de sa prise la parole ce lundi pour tenter de calmer la colère des gilets jaunes, qu'il a qualifié de "juste à bien des égards". 

"Sans doute n'avons-nous pas su depuis un an et demi y apporter de réponse suffisamment rapide et forte" a déclaré le président Macron depuis l'Elysée, disant prendre "sa part de responsabilité".

Une colère démultipliée contre Macron

Évoquant "40 années de malaise qui resurgissent", le chef de l'Etat est revenu sur son attitude, souvent jugée arrogante par ses détracteurs: "je sais qu'il m'est arrivé de blesser certains d'entre vous par mes propos" a-t-il poursuivi, répondant aux critiques sur certaines de ses déclarations. "J'ai pu donner le sentiment que ce n'était pas mon souci, que j'avais d'autres priorités" a encore reconnu le chef de l'Etat en introduction de son allocution.

Au-delà des mesures concrètes, Emmanuel Macron était attendu sur sa capacité à reconnaître des erreurs sur son style, honni par les "gilets jaunes", après quelques mea culpa du bout des lèvres qui n'ont jusque là pas convaincu. En témoignent les pancartes haineuses des gilets jaunes lors des manifestations, les insultes et autres appels au meurtres des réseaux sociaux ou les graffitis à son encontre retrouvés sur l''Arc de triomphe le 1er décembre. A sa sortie à Puy-en-Velay la semaine dernière, le président avait été accueilli par des huées.

Depuis cet été, ses petites phrases controversés s'étaient multipliées, telles celles sur les "fainéants", la traversée de la route pour trouver du travail, le "pognon de dingue" des aides sociales ou encore le "bordel" de manifestants. Lors de sa dernière interview télévisée sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, il s'était déjà excusé à demi-mots au sujet de son impopularité et du fossé qui se creusait entre les Français et les responsables politiques.

Jeanne Bulant