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Le garde du corps de Macron placé par Benalla dans des conditions douteuses, selon Mediapart

Emmanuel Macron lors d'un footing au Touquet, le 2 avril 2018, encadré par Christian Guédon et Alexandre Benalla

Emmanuel Macron lors d'un footing au Touquet, le 2 avril 2018, encadré par Christian Guédon et Alexandre Benalla - FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Dans une nouvelle enquête publiée ce vendredi, le site d'information s'intéresse au profil du garde du corps le plus proche d'Emmanuel Macron, Christian Guédon, recruté au sein du GSPR sur les conseils d'Alexandre Benalla.

Est-ce un nouveau volet dans l'affaire Benalla qui embarrasse l'Elysée depuis le mois de juillet? Alors que le Sénat a décidé de saisir la justice des cas d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase, mais aussi de ceux de trois hauts responsables de la présidence mis en cause dans le rapport accablant de sa commission d'enquête, Mediapart dresse ce vendredi le portrait d'un nouveau protagoniste de l'affaire, en la personne du garde du corps d'Emmanuel Macron. Une personnalité dont le professionnalisme ne semble pas faire de doutes mais dont la nomination dans l'équipe de sécurité du président fait débat.

Un recrutement qui soulève des questions

Proche d'Alexandre Benalla, Christian Guédon, garde du corps d'Emmanuel Macron, aurait été recruté "dans des conditions inhabituelles", rapporte le site d'information qui indique que cet ancien membre du GIGN a intégré le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) alors qu'il avait quitté la gendarmerie pour le privé depuis plusieurs années. Ce qui n'est pas habituel pour un tel recrutement.

"Alors même que le recrutement des agents du GSPR ne relève, en théorie, que du chef du GSPR, au moins un agent aurait été recruté au sein du GSPR après avoir été recommandé par Alexandre Benalla", s'est d'ailleurs étonnée la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla, citée par Mediapart.

Si lors de son audition devant le Sénat le 19 septembre dernier, Alexandre Benalla a estimé que "ce policier a été soumis aux tests, au processus de sélection normal", les sénateurs considèrent toutefois que "son recrutement n’a pas été fait dans le respect des règles habituellement applicables au GSPR" dont les membres ne sont en pratique que "des fonctionnaires de police et des militaires de la gendarmerie" en activité.

Des rendez-vous qui interrogent

De quoi prouver davantage, d'après Mediapart, qu'Alexandre Benalla avait bien l'intention de créer une structure personnalisée de protection du chef de l'Etat composée de gendarmes de réserves et d'anciens policiers et "échappant au contrôle du ministère de l'Intérieur".

Outre les modalités de son recrutement, c'est bel et bien la proximité de Christian Guédon avec Alexandre Benalla qui éveille les soupçons. Le site d'information révèle que les deux hommes sont restés en contact après la diffusion des images de vidéosurveillance prouvant la participation du conseiller spécial d'Emmanuel Macron aux manifestations du 1er mai 2018 à Paris. Ils se sont notamment vus fin août chez Mohamad Izzat Khatab, un énigmatique homme d'affaires syrien résidant à Paris. Le contenu de cette entrevue reste toutefois un mystère.

Mélanie Rostagnat