BFMTV

Hollande - Valls: déjà la fin de l'état de grâce?

François Hollande le 9 février 2015, à l'Elysée.

François Hollande le 9 février 2015, à l'Elysée. - Alain Jocard - AFP

Un sondage publié lundi montre que la popularité de François Hollande et Manuel Valls est à nouveau en net recul, après la courte embellie post-attentats. La fin de la parenthèse enchantée?

"L'effet Charlie" semble toucher à sa fin. Après l'embellie qui a suivi les attentats perpétrés en France les 7, 8 et 9 janvier derniers, et la ferveur de l'unité nationale du 11 janvier, la popularité du duo Hollande-Valls, qui s'est illustré dans la gestion de cette période de crise, est à nouveau en net recul. Selon le baromètre Ipsos-Le Point publié lundi, le chef de l'Etat et le Premier ministre perdent respectivement 8 et 7 points par rapport à janvier. La fin de l'état de grâce?

Un phénomène attendu

Bien que cette nouvelle chute ne ramène pas le couple de l'exécutif à son niveau d'avant les attentats, elle fait retomber François Hollande à 30%, après un bref passage à 38%, et Manuel Valls à 52%. Globalement, 67% des personnes interrogées ont une opinion défavorable du président de la République.

Mais pour le directeur général de l'institut Ipsos, Brice Teinturier, cette enquête, menée après la grande conférence de presse semestrielle du chef de l'Etat, ne reflète pas un décrochage. Il y a eu une montée exceptionnelle, plus vingt points en un mois, c'était tout à fait historique, inédit", rappelle-t-il.

"Quand on voit aujourd'hui arriver ces huit points en moins, on est plutôt sur quelque chose de relativement attendu", estime Brice Teinturier. "Cela veut dire que François Hollande ne cède pas tout ce qu'il avait engrangé, loin de là, mais qu'il y a un reflux, notamment dans les catégories où il avait le plus progressé: les cadres supérieurs ou les jeunes". 

Un sentiment de statu quo

L'exécutif est-il déjà en train de refermer la parenthèse enchantée? Le problème pourrait bien venir de cette idée même de "parenthèse", qui ne suffit plus. "Cet esprit du 11 janvier ne peut pas être une parenthèse, ou alors, forcément, elle se referme", juge Apolline de Malherbe, éditorialiste politique de BFMTV. "Il faut que ce soit une pierre sur laquelle on pose le pied pour la suite. Après sa conférence de presse où François Hollande n'a pas mentionné le chômage autrement que comme un défi personnel, il fallait forcément s'attendre à ce que cela se termine à un moment ou l'autre", explique-t-elle.

Pourtant, difficile de d'attribuer cette chute à une raison bien précise, que ce soit le chômage ou la sécurité, estime pour sa part Thierry Arnaud, chef du service politique de BFMTV. "C'est plutôt le reflet d'un sentiment général que rien n'a changé", analyse-t-il. "Ce qu'attendaient les gens au lendemain des attentats, ce fameux esprit du 11 janvier, c'était une réponse supplémentaire, un changement de braquet dans les réponses que le président de la République pouvait apporter à la crise. Ce changement n'est pas intervenu et donc les Français expriment une forme de déception".

Adrienne Sigel