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En deux ans à l'Elysée, Macron confie avoir "beaucoup appris" mais ne veut pas "arrêter de bouger"

Emmanuel Macron lors du sommet européen à Bruxelles, le 18 octobre 2019

Emmanuel Macron lors du sommet européen à Bruxelles, le 18 octobre 2019 - John THYS / AFP

Lors d'un entretien accordé à RTL dans l'avion qui le ramenait de La Réunion, le président de la République a dressé le bilan de ses deux premières années à l'Elysée.

Emmanuel Macron a déclaré avoir "beaucoup appris" de ses deux premières années d'exercice à l'Elysée et ne pas en "tirer la conclusion qu'il faudrait arrêter de bouger" dans les réformes, dans un entretien de mi-mandat à RTL diffusé ce lundi.

Le chef de l'Etat a maintes fois répété, depuis la fin du grand débat organisé pour répondre à la crise des gilets jaunes, son intention d'instiller davantage de concertation dans sa présidence, lançant symboliquement un "acte 2" de son quinquennat.

"J'ai appris que dans plusieurs situations je n'avais pas réussi à me faire comprendre, ou plus exactement que, à vouloir faire bouger les choses, avec impatience, énergie, j'avais parfois blessé des gens ou donné le sentiment que je voulais changer le pays contre les Français eux-mêmes", a-t-il affirmé à RTL à bord de l'avion présidentiel, de retour de Mayotte et La Réunion.

"Plus d'écoute, plus d'humanité, de respect"

Emmanuel Macron s'est dit "profondément marqué" par le "moment de spasmes très forts" des gilets jaunes, "qui n'est pas innocent".

Pour autant, a-t-il changé? "On n'est jamais tout à fait le même parce que la vie vous forge, vous bouscule, vous apprend, enfin on n'est jamais tout à fait un autre non plus, et je ne peux pas vous dire que je suis un autre homme", a répondu le chef de l'Etat. "Je n'ai pas de regrets ou de remords, ce n'est pas mon tempérament", a-t-il ajouté.

"J'ai beaucoup appris et je n'en tire pas la conclusion qu'il faudrait arrêter de bouger, et (que) maintenant en quelque sorte, (il faudrait) courir après les gens pour colmater les plaies, non, (...) mais qu'il faut le faire en prenant le temps, en choisissant son rythme et en étant respectueux et à l'écoute", a expliqué Emmanuel Macron.

"J'ai compris, pris sur moi, et ce que je veux faire maintenant, ce n'est absolument pas d'arrêter les transformations et la vision que je porte - il y aura toujours des gens qui seront contre, c'est normal, qui ne veulent pas entendre et qui s'opposeront", a-t-il indiqué.

Mais, a ajouté le président, il faut davantage les "partager, expliquer à nos concitoyens pourquoi on en a besoin, quelle place ils ont à jouer dans ces transformations. Cela passe par plus de présence sur le terrain, plus d'écoute, plus d'humanité, de respect".

Mélanie Rostagnat avec AFP