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Acte II du quinquennat Macron: à quoi sert le séminaire gouvernemental de rentrée?

Emmanuel Macron et Édouard Philippe - Image d'illustration

Emmanuel Macron et Édouard Philippe - Image d'illustration - Ludovic Marin - AFP

Au sein même du gouvernement, ce rendez-vous trimestriel ne semble pas avoir que des adeptes.

En marge de la rentrée parlementaire, et en amorce du l'Acte II du quinquennat d'Emmanuel Macron, le gouvernement doit ce mercredi se réunir en séminaire à l'Elysée afin de caler l'agenda mais aussi la méthode de cette deuxième partie de mandat.

Au total, ils sont 37, avec les nouveaux venus Jean-Paul Delevoye aux retraites et Jean-Baptiste Djebbari aux transports, autour du chef de l'Etat réunis dès 10 heures pour ce qui, trimestre après trimestre, devient un rendez-vous presque traditionnel, organisé afin de définir "les enjeux et la méthode de travail" du gouvernement, selon Matignon.

Objectif: mettre tout l'exécutif en ordre de bataille pour la rentrée, avec en ligne de mire l'idée d'incarner une nouvelle séquence du quinquennat, censée entériner un changement de méthode.

"On veut mettre le paquet sur la concertation", et charge donc à chaque membre du gouvernement de le répercuter dans son champ, confirme un conseiller gouvernemental cité par l'AFP quand un ministre abonde: "Là où il y avait plus de verticalité, on veut mettre plus d'humanité".

"Sans doute on a été grisé. L'année que l'on vient de vivre a remis de la gravité dans le système", convient encore un proche du chef de l'Etat.

"Chiant" et "mal préparé"?

Pourtant, la tenue d'un tel séminaire divise, au sein même du gouvernement. Cité dans Le Parisien, un ancien membre du gouvernement se rappelle: "C'est le truc le plus chiant et le plus mal préparé au monde." 

"Le cabinet du Premier ministre nous annonce comment vont se passer les trois prochains mois. Même les grands ministres sont mis devant le fait accompli. C'est tout sauf du travail collectif", poursuit ce dernier.

Même son de cloche chez des ministre encore en fonction. L'un d'entre eux, interrogé par Europe 1, s'interroge sur l'utilité de ces séminaires. "Il y a un côté théâtre ! À chaque fois, il y a des fayots qui lèvent la main pour se faire bien voir du président", explique-t-il.

"Nous sommes trop nombreux autour de la table pour que ce soit réellement efficace", souligne quant à lui un autre membre du gouvernement Philippe. 

De nombreux dossiers aux programmes

Pourtant, certains sujets brûlants de ces prochains mois devraient bien être évoqués au cours de cette réunion. Les retraites feront l'objet d'un "focus" tout comme l'écologie, érigée en priorité de la rentrée, et la sécurité du quotidien, précise-t-on dans l'entourage du Premier ministre. "Mais ce n'est pas un séminaire où l'on cherchera les effets d'annonce", avance-t-on de même source.

L'agenda des trois prochains mois est dans l'ensemble connu, entre les inévitables discussions budgétaires (PLF et PLFSS) et les projets de loi en examen au Parlement (statut de l'élu, loi anti-gaspillage et révision des lois bioéthiques comprenant l'autorisation de la PMA pour toutes). La présentation d'une grande loi sur la dépendance est également attendue dans les semaines à venir.

Durant le séminaire, seront aussi évoqués le premier anniversaire du plan pauvreté sur lequel l'exécutif souhaite insister, ou encore le mouvement de déconcentration des services de l'Etat, suivant la promesse de déployer davantage de fonctionnaires sur le terrain. 

Les municipales en point de mire?

Conformément au mantra d'Emmanuel Macron et d'Édouard Philippe - "la politique est un art de l'exécution" - les têtes de l'exécutif réaffirmeront leur "ambition d'un pilotage plus fin des réformes", selon l'entourage du Premier ministre cité par l'AFP. 

Après deux ans d'exercice, les ministres seront invités à porter "une attention particulière à la déclinaison sur le terrain" de ce qui a été décidé, dit-on de même source, en prenant pour exemple la question du travail, marquée par plusieurs réformes (ordonnances travail, plan d'investissement dans les compétences, soutien à l'apprentissage, assurance-chômage...) dont "il faut être certains qu'elles atteignent leur plein effet".

Enfin, les municipales de mars 2020 pourraient aussi s'inviter en fin de réunion, après la présentation très formelle du décret portant convocation des électeurs. S'il est acquis que plusieurs membres du gouvernement figureront sur des listes, en tête ou comme simple équipier, aucune règle collective n'a pour l'heure été définie.

Hugo Septier avec AFP