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Sondage BFMTV - Acte II du quinquennat: 80% des Français ne croient pas à un changement

L'institut de sondage Elabe a cherché à jauger la perception que les Français ont de l'action du gouvernement et des annonces faites par le Premier ministre lors de son discours de politique générale mercredi. Il leur a également demandé s'il croyait à un "acte II" du quinquennat, selon la formule de l'exécutif.

L'exécutif l'avait assuré. Le discours de politique générale d'Edouard Philippe mercredi marquerait l'entrée dans l'"acte II" du quinquennat. Mais une pièce de théâtre doit susciter et maintenir l'adhésion du public. Or, selon notre nouveau sondage Elabe, publié ce vendredi en fin d'après-midi, les Français ne croient pas à une évolution de l'intrigue et des dialogues.

D'après l'enquête, ils sont 80% à ne croire ni à "un changement de style" ni "à un changement de méthode" après le discours de politique générale et les récentes interventions d'Emmanuel Macron. 19% des Français, eux, pensent que ce changement va advenir. 

Manque de confiance 

Les portions des différents électorats politiques convaincues de ce changement sont minoritaires, et ce, même parmi les électeurs d'Emmanuel Macron lors du premier tour de la présidentielle, avec un taux de 41%. Il faut dire qu'un problème de confiance ronge toujours les liens entre le pouvoir et les Français. 58% d'entre eux ne trouvent pas crédible l'annonce du Premier ministre d'une baisse du taux d'imposition pour les deux premières tranches.

Alors que le chef du gouvernement a assuré devant les députés que son équipe allait désormais mettre les bouchées doubles sur le plan de l'écologie, 70% de nos concitoyens y voient encore une affirmation non crédible. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et ceux de Marine Le Pen sont particulièrement incrédules sur ce point, avec un score mesuré à 84%. Les soutiens d'Emmanuel Macron eux croient aux virage écologique à une majorité de 58%. 

Emmanuel Macron et Edouard Philippe se consoleront en considérant qu'en revanche les Français sont nombreux à juger qu'ils mènent une politique conforme aux engagements de la campagne présidentielle. Ils sont 46% à penser ainsi, soit une hausse de 8 points par rapport à l'étude du 9 mai dernier. Cette observation ne rend pas leur politique plus populaire pour autant.

Nos compatriotes estiment à 78%, en progression de cinq points, que cette politique est injuste. Son inefficacité supposée saute également aux yeux de la plupart de nos compatriotes. En effet, la politique menée est décrite comme inefficace pour réduire les inégalités entre les territoires (79%), pour réduire le déficit public (78%) et pour améliorer le pouvoir d'achat (77%). 71% des français déclarent qu'elle ne pourra pas améliorer la situation du pays et 66% l'estiment inefficace pour relancer l'économie. 

Opinions contrastées autour de la PMA

Elabe a aussi sondé les Français au regard de l'annonce-phare d'Edouard Philippe à l'Assemblée nationale mercredi: la confirmation de l'ouverture prochaine du débat autour de l'extension éventuelle de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes célibataires. 53% des personnes interrogées se disent favorables à cette mesure, dont 23% "très favorables". 30% des Français lui sont à l'inverse opposés dont 15% "très opposés". 17% de la population refusent de s'aligner entre ces deux pôles.

Dans le détail, 58% des femmes appuient la proposition, soit onze points de plus que les hommes. Si on examine les différentes affinités politiques, on note que 63% des électeurs d'Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle, 62% de ceux de Jean-Luc Mélenchon et 73% de Benoît Hamon sont favorables à la mesure. L'électorat de Marine Le Pen est plus partagé. 45% des citoyens ayant voté pour la présidente du Rassemblement national sont pour l'extension, mais 32% la rejettent. Les opposants à l'élargissement de la PMA l'emportent en revanche parmi les soutiens de François Fillon: 50% de ses électeurs sont contre, et 37% le soutiennent. 

L'image écornée d'Edouard Philippe 

L'un des volets du sondage cherchait enfin à évaluer l'image d'Edouard Philippe auprès des Français. Elle semble écornée par rapport à celle dont il jouissait en janvier 2018, à l'époque de la précédente mesure. Il est jugé moins dynamique qu'auparavant (46%, 13 points de moins) moins proche des Français (26%, en chute de neuf points), et est jugé autoritaire par 56% des Français, soit deux points de plus. 

Robin Verner