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Changement de méthode: Macron cherche à enfiler un nouveau costume

Sur le fond, Emmanuel Macron n'esquisse aucun virage. Dans la manière et sur la forme, il compte en revanche faire les choses différemment à l'avenir. C'est en tout cas ce que le chef de l'Etat a annoncé aux journalistes, lors d'une conférence mercredi.

Les 80 journalistes de l'Association de la presse présidentielle ont dû se dire, à l'occasion de la conférence donnée mercredi par le chef de l'Etat en guise de rentrée médiatique, que certaines choses ne changeaient pas. Le ton, d'abord, qui semble toujours aussi docte. En plateau ce jeudi, notre journaliste Jérémy Brossard, qui était présent sur place la veille, a ainsi décrit cet événement, long de près de 2h30: "Ça ressemblait parfois à un cours magistral de géopolitique". Le train des réformes engagées, qu'Emmanuel Macron a qualifiées de "justes et efficaces", devrait visiblement rester inchangé lui aussi.

En revanche, le président de la République a martelé que la manière de faire, elle, allait évoluer. 

"Il considère qu'il faut plus d'humanité" 

Car si en lançant que "pour changer les choses", il fallait parfois "changer nos habitudes", Emmanuel Macron s'adressait aux citoyens, il parlait aussi un peu de lui. Plus tard, il a souligné, plus explicitement: "Il ne faut pas réduire l'ambition de transformation dont le pays a besoin mais, dans la méthode, il faut réussir à inclure davantage les Français". 

"C’était aussi l’occasion d’envoyer quelques petits messages politiques au moment où tous les partis, notamment ceux d’opposition, vont faire entendre dans ces prochains jours leur voix. Il a aussi voulu montrer qu’il avait entendu la crise des gilets jaunes. Il a expliqué que la méthode allait changer. Il considère qu’il faut plus d’humanité, plus de proximité, qu’il faut réformer ‘avec les Français’ plutôt que ‘pour’, a-t-il dit", a analysé Jérémy Brossard. 

L'"inquiétude" à l'origine du changement 

La "nouvelle méthode" macronienne, qui demeure cependant à définir, n'a rien d'une épiphanie soudaine. A l'évidence, il s'agit pour le patron de l'exécutif d'apaiser les tensions sociales qui travaillent le pays et de prévenir toute reprise du feu politique. Notre éditorialiste politique, Christophe Barbier, remarquant qu'Emmanuel Macron avait joint mercredi à sa réflexion sur sa façon d'être et de conduire les réformes le souhait de "repenser certaines méthodes d'intervention" policière, a estimé ce jeudi sur notre plateau:

"On sait que le volcan gilets jaunes est assoupi, il n’est pas éteint. Mais c’est autre chose, c’est plus profond. Il y a un désir de violence dans la société. Il est en croissance: on le voit dans les stades et les réseaux sociaux. C’est ça sans doute qui inquiète Emmanuel Macron".

Robin Verner