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"Vigilant" sur la fatigue des policiers, Macron veut "repenser" les méthodes d'intervention

Ce mercredi face à la presse, le président Macron a fait part de sa préoccupation concernant "l'état de fatigue des forces de l'ordre", condamnant les attaques dont elles ont pu faire l'objet ces derniers mois lors des manifestations des gilets jaunes. Néanmoins, pour la première fois, le chef de l'État n'a pas fermé la porte à la réforme de "certaines méthodes d'intervention".

À la veille de cette rentrée 2019 qui s'annonce chargée sur le plan social et politique, Emmanuel Macron a pris la parole ce mercredi devant la presse présidentielle. Le chef de l'État s'est largement exprimé sur les récentes affaires policières et judiciaires qui ont fait parler tout au long de cet été.

Lors de cette rencontre avec l'Association de la presse présidentielle, Emmanuel Macron s'est dit "très vigilant" sur l'état de fatigue des forces de l'ordre, tout en envisageant de "repenser certaines méthodes d'intervention", au vu des "blessures inacceptables" chez les policiers et chez les manifestants pendant le mouvement des gilets jaunes.

"Rien ne saurait justifier le recours à la violence"

Le chef de l'État a ensuite déploré les violences faites aux élus, alors que de nombreuses permanences d'hommes et de femmes politiques ont été dégradées ces dernières semaines, et qu'une grande consultation sur les violences faites aux élus a été lancée par le Sénat à la suite de la mort du maire de Signes dans le Var, renversé par une camionnette qu'il voulait empêcher de déverser du gravas. 

"Rien ne saurait justifier le recours à la violence, à l'égard d'élus, à l'égard des forces de l'ordre", a-t-il poursuivi, dans une référence aux manifestations hebdomadaires des gilets jaunes qui ont rythmé l'année, et au cours desquelles policiers et CRS ont été pris à parti par les manifestants.  La police "est toujours intervenue dans le respect de toutes les procédures". Elle "est intervenue dans un cadre donné, ouvert, respectueux de la Constitution et de la loi", a défendu le président Macron. Et d'ajouter: "Il n'y a pas de liberté dans une société s'il n'y a pas d'ordre public".

"Que justice et transparence" soient partout

Le président a donc voulu jouer la carte du dialogue et de l'apaisement pour embrayer cette nouvelle année. Et bien qu'il ait pris la défense des forces de l'ordre, il s'est montré ouvert aux pourparlers sur la question des violences policières, alors que de nombreuses enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN ces derniers mois dans le cadre des manifestations des gilets jaunes pour des violences à l'égard des manifestants.

"Cela doit nous conduire à repenser certaines méthodes d'intervention, à les relégitimer si besoin", a déclaré Emmanuel Macron face à la presse, comme pour relancer le débat qui avait été engagé au début de l'année sur l'usage du LBD (lanceur de balles de défense) par les policiers.

Enfin, "je souhaite que la justice soit partout et la transparence avec", a-t-il ajouté. Une manière pour lui d'évoquer la mort de Steve Maia Caniço à Nantes le 21 juin dernier, lors d'une intervention policière controversée le soir de la Fête de la musique. Son corps avait été retrouvé dans les eaux de la Loire fin juillet. Le président a tenu à rassurer sur l'enquête en cours, alors que le rapport de l'IGPN a été vivement critiqué durant l'été, pour avoir rapidement écarté toute responsabilité policière dans la mort du jeune homme de 24 ans. "Une enquête est menée par la justice, en toute indépendance", a-t-il asséné ce mercredi.

Jeanne Bulant