BFMTV

Violences policières: 220 enquêtes confiées à l'IGPN depuis le début du mouvement des gilets jaunes

220 enquêtes ont été confiées à l'IGPN.

220 enquêtes ont été confiées à l'IGPN. - AFP

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a indiqué ce vendredi que 220 enquêtes avaient été confiées à l'IGPN depuis le mouvement des gilets jaunes à la suite de signalements de violences policières présumées. Des avocats dénoncent l'obstruction de l'institution judiciaire.

A la veille d'un 24e week-end de mobilisation des gilets jaunes, le ministre de l'Intérieur est revenu sur les enquêtes ouvertes sur des faits de violences policières présumées. Christophe Castaner a indiqué ce vendredi sur France Info que 220 enquêtes ont été confiées à l'IGPN à la suite d'une plainte contre les forces de l'ordre. Des enquêtes toujours en cours, la semaine dernière, le locataire de la place Beauvau expliquait qu'aucun policier n'avait été pour l'heure suspendu.

A Paris, 143 enquêtes confiées à l'IGPN

La dernière plainte connue contre des policiers remonte à mardi: une manifestante a porté plainte après avoir reçu un coup de matraque dans le dos lors du rassemblement parisien. Cette procédure judiciaire intervient après celle lancée après la mort d'une octogénaire à Marseille qui avait reçu une balle lancée au LBD. 92 des 220 plaintes déposées au total concernent d'ailleurs cette arme décriée, 37 visent des tirs de grenades, selon les chiffres publiés par Le Monde

A Paris, où les manifestations ont été les plus violentes, le parquet a ouvert 143 enquêtes, confiées à l'Inspection générale de la police nationale. Trois à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale. A ce jour, 25 enquêtes ont été clôturées et renvoyées aux services du procureur qui doivent désormais apprécier la suite à donner à ces investigations. En effet, après avoir reçu les conclusions des enquêteurs, le parquet peut décider soit de renvoyer des policiers devant la justice, soit de classer l'affaire sans suite, soit d'ouvrir une information judiciaire avec la nomination d'un juge d'instruction.

"Nous sommes capables de juger en comparution immédiate chaque week-end des centaines de gilets jaunes, mais nous sommes incapables de juger des policiers", s'étonne Me Raphaël Kempf, avocat de manifestants.

"Obstruction de l'institution judiciaire"

A l'instar d'une enquête classique, les policiers de "la police des polices" auditionnent les parties, recueillent les rapports d'intervention des forces de l'ordre, visionnent les images des vidéosurveillance, demandent des rapports d'expertises... Composée d'officiers de police judiciaire, l'IGPN a clôturé plus de 1.100 enquêtes en 2017. Ils sont réputés pour travailler vite, boucler les enquêtes le plus rapidement possible en plusieurs mois. Dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, la saisie de l'IGPN est réclamée par les avocats eux-mêmes.

"C’est assez neuf, note Me Laurent-Franck Lienard, avocat spécialisé dans la défense des policiers. Il y a une véritable volonté d’impartialité."

Une seule information judiciaire a été ouverte en février dernier par le parquet de Paris, elle concerne l'enquête sur la blessure à l'oeil du gilet jaune Jérôme Rodriguez. "C'est l'autre scandale après les violences judiciaires, l'obstruction de l'institution judiciaire, s'insurge Me Arié Alimi, avocat d'une quarantaine de victimes. L'institution utilise tous les subterfuges pour éviter que les enquêtes aboutissent voire même qu'elles soient ouvertes afin de protéger les policiers. Les conséquences sont importantes. Les vidéos, les plaintes, disparaissent. Par ailleurs, les victimes ne peuvent être indemnisées."

Justine Chevalier