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Ecoutes: pour un ministre, "au début de son mandat, Hollande faisait n'importe quoi"

François Hollande au téléphone

François Hollande au téléphone - Alain Jocard - AFP

Le passage d'une vie - relativement - normale à celle de président de la République ne se fait pas sans changements dans le quotidien. Ainsi François Hollande a dû modifier sa relation fusionnelle avec son téléphone personnel.

La France a appelé mercredi Washington à "réparer les dégâts" provoqués par les pratiques "inacceptables" des services secrets américains qui ont écouté les trois derniers présidents français, selon des documents révélés par Wikileaks, Libération et Médiapart. Touchés personnellement entre 2006 et 2012, les entourages de François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac ont protesté. Pour la forme? Sous la présidence du second les blagues sur les écoutes étaient monnaie courante dans les cabinets, raconte Le Parisien.

Chirac n'avait pas de portable

"C'est une pratique courante. Les Russes et les Chinois font pareil. (...) On oublie vite toute prudence", raconte l'un d'eux. Surtout que l'utilisation de téléphones cryptés est assez lourdes avec de nombreux codes à entrer en permanence. Un problème inconnu de Jacques Chirac qui n'avait pas de mobile et préférait les tête-à-tête.

Et alors que Julian Assange, toujours retranché à l'ambassade d'Equateur de Londres, a promis de nouvelles révélations fracassantes, les présidents de la République sont-ils assez prudents avec leurs communications? Un téléphone satellitaire suit le chef de l'Etat lors de ses déplacements et lui permet d'échanger en toute tranquillité.

Côté privé, en plein coeur de de l'affaire Snowden, en 2013, François Hollande assurait: "Nous avons pris toutes les dispositions, j'allais dire dès mon arrivée aux responsabilités, pour que, tout en gardant un téléphone, il puisse rester sécurisé".

Hollande sur le balcon de Trierweiler

Pourtant, "au début de son mandat, François Hollande faisait n'importe quoi", raconte un ministre au Parisien.

Fraîchement élu, le nouveau locataire de l'Elysée pensait pouvoir continuer à communiquer comme avant, notamment par l'envoi de SMS dont il est friand. Des voisins rapportent aussi au quotidien qu'on pouvait l'entendre parler à travers les murs ou sur le balcon du domicile qu'il partageait avec son ex-compagne Valérie Trierweiler.

En fait, plus que l'affaire Snowden, le vrai tournant pour François Hollande est la guerre au Mali en janvier 2013. Lorsqu'il décide d'engager l'armée française pour repousser les islamistes qui fondent sur Bamako, le président de la République prend conscience des dangers. "Il y avait des vies en jeu", expose le même ministre. Nul doute que les dernières révélations en date devraient le pousser lui et les services de sécurité à se montrer toujours plus prudent.

S.A.