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Corse: la rencontre entre Macron, Talamoni et Simeoni "pas encore actée"

Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, invité de BFMTV le 4 février 2018.

Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, invité de BFMTV le 4 février 2018. - Capture BFMTV

Alors qu'Emmanuel Macron se rend en Corse ces mardi et mercredi, sa rencontre avec le chef du conseil exécutif de l'île et le président de l'Assemblée de Corse n'est pas encore totalement actée. C'est Jean-Guy Talamoni lui-même qui l'annonce sur BFMTV.

Le rendez-vous semblait pris entre Jean-Guy Talamoni, président indépendantiste de l'assemblée de la Corse, Gilles Simeoni, président autonomiste du conseil exécutif de l'île, et Emmanuel Macron, qui se rend sur place mardi et mercredi.

"Oui, ça paraît assez étonnant"

Pourtant, Jean-Guy Talamoni a assuré ce dimanche soir sur BFMTV qu'il n'en a pas eu confirmation. "A cette heure-ci, ce n'est pas acté, donc nous verrons dans les heures qui viennent", a-t-il lancé sur le plateau de Et en même temps.

"J'ai encore eu un échange de sms avec le président du conseil exécutif avant de venir chez vous", a précisé Jean-Guy Talamoni, qui affirme qu'il y a "beaucoup de changements" et que la rencontre n'est pas gravée dans le marbre. "Oui, ça paraît assez étonnant parce que c'est vrai que généralement, ça se fait un peu plus en amont", a concédé le président de l'Assemblée de la Corse.

"Nous souhaitons rencontrer le président de la République française, nous souhaitons rencontrer tous les responsables de quelque niveau qu'ils soient qui peuvent nous permettre d'avancer", a-t-il néanmoins affirmé.

"Un fait politique majeur"

Point d'orgue possible de la rencontre: la présence ou non du drapeau français dans les locaux. Selon nos informations, Emmanuel Macron a exigé qu'un drapeau tricolore trône dans la salle du rendez-vous. Car depuis l'arrivée des nationalistes au pouvoir en Corse, il a disparu des bureaux, même si l'Assemblée en est encore pavoisée.

Lors de cette rencontre, Jean-Guy Talamoni veut que le Président "prenne en compte le fait démocratique".

"Les Corses ont voté à 56% pour une liste entièrement composée de nationalistes corses. (...) C'est un fait politique majeur. Soit les Corses ne savent pas ce que signifient les mots en votant pour une liste de nationalistes, soit ils ont voté pour dire aussi que la Corse n'était pas une circonscription administrative simplement mais une nation", a-t-il affirmé.

Le président de l'Assemblée de Corse assure ne pas vouloir demander l'indépendance: "Je sais très bien qu'il y a un courant qui est favorable à l'indépendance et un courant de notre majorité qui n'y est pas favorable", a-t-il rappelé.

"Il nous manque des leviers"

Néanmoins, il souhaite une "redéfinition des relations entre la Corse et Paris". Plutôt que l'indépendance donc, "un nouveau statut institutionnel dans la Constitution française (leur) permettant de gouverner correctement".

"C'est très concret", a assuré Jean-Guy Talamoni. "Dans le gouvernement des affaires publiques de la Corse, de tous les dossiers, nous avons des problèmes juridiques, il nous manque des leviers."

En ligne de mire, la réforme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron, à l'échelle de la France, dont le président de l'Assemblée de la Corse souhaiterait voir sortir un nouveau statut pour l'île de Beauté. 

Liv Audigane