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Simeoni veut modifier la Constitution pour "prendre en compte la spécificité de la Corse"

Gilles Simeoni souhaite que la loi fondamentale française soit modifiée pour prendre en compte la spécificité de la "nation corse".

Après la nette victoire de la coalition nationaliste lors des élections territoriales en Corse, Gilles Simeoni est désormais en position de force. Le leader nationaliste autonomiste corse Gilles Simeoni a déclaré mercredi sur notre antenne que "la Constitution doit être modifiée pour prendre en compte la spécificité de la Corse, de ses attentes et de ses besoins".

"L'inscription de la Corse dans la Constitution est la condition sine qua non de l'ouverture d'un espace juridique qui nous permettra de mettre en oeuvre des politiques ( ...) indispensables à la prise en compte des intérêts de la Corse", a poursuivi Gilles Simeoni, répondant au Premier ministre Edouard Philippe, qui avait prévenu la veille que toute initiative de la nouvelle collectivité territoriale corse devait être "conforme au cadre constitutionnel" actuel.

"C'est une première limite qui, à notre avis, borne d'une façon insatisfaisante l'horizon des discussions", a ainsi répliqué le nationaliste, confiant sur la possibilité de modifier la loi fondamentale française. "Si nous dialoguons, je suis certain qu’il y aura dans quelques mois une majorité des trois cinquièmes au Congrès", estime Gilles Simeoni.

"Incertitude totale"

La tête de liste de la coalition nationaliste, Pè a Corsica (Pour la Corse), qui a remporté dimanche une large victoire aux élections territoriales avec un score de 56,5 %, a également indiqué être "dans l'incertitude totale quand aux intentions réelles du gouvernement" déplorant que "les mots varient".

"Tantôt on nous parle d'autonomie, tantôt on nous parle de décentralisation, tantôt on fait semblant de croire que l'autonomie n'était pas dans notre programme alors qu'elle était au cœur de nos demandes", a-t-il ajouté. "On laisse croire que l'autonomie serait une forme de rupture avec la France, ce qu'elle n'est absolument pas", a-t-il insisté.

"Il y a une nation corse", fait valoir Gilles Simeoni. "Ceci n'est absolument pas exclusif de la langue française, ceci ne signifie pas irrespect ou distance vis-à-vis de la marseillaise ou du drapeau tricolore, nous voulons simplement être nous-mêmes et combiner cette expression et cette reconnaissance de notre identité collective avec d'autres appartenances."

"Pacte girondin"

Mardi, le chef du gouvernement, qui a chargé la ministre Jacqueline Gourault d'ouvrir un dialogue avec les nationalistes, a indiqué qu'il serait "attentif à ce que les compétences prévues par la loi, et ouvertes à la nouvelle collectivité, soient pleinement exercées".

Le gouvernement a d'ores et déjà rejeté les trois revendications emblématiques des nationalistes corses, la reconnaissance de la langue corse comme langue officielle de l'île au côté du français, la création d'un statut de résident ou encore l'amnistie des "prisonniers politiques".

Édouard Philippe a préféré insister sur les "compétences spécifiques" qui pourraient être confiées à la Corse, en invoquant la formule du "pacte girondin" entre l'Etat et les collectivités, sans dessiner les contours de ces nouvelles attributions.

Louis Nadau avec AFP