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Elections territoriales en Corse: que veulent les nationalistes?

La coalition formée par Gilles Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni pour les territoriales en Corse est arrivée en tête au premier tour.

La coalition formée par Gilles Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni pour les territoriales en Corse est arrivée en tête au premier tour. - PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

La coalition menée par Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, arrivée en tête au premier tour des élections territoriales dimanche, a mis de côté l'indépendance de la Corse au profit d'une autonomie "de plein droit et de plein exercice".

"Il n’est pas question aujourd’hui d’indépendance. Nous souhaitons pour la Corse un statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice". Arrivée en tête au premier tour des élections territoriales qui s'est tenu dimanche sur l'île, la coalition nationaliste Pè a Corsica a mis de côté l'indépendance de la Corse au profit d'une "autonomie", comme l'a rappelé ce lundi matin Gilles Simeoni sur BFMTV. 

Pour cette liste, le président sortant de l'exécutif corse, à la tête d'un parti autonomiste, a fait alliance avec Jean-Guy Talamoni, l'actuel président de l'Assemblée de l'île, qui dirige un mouvement indépendantiste.

Etablir la dialogue avec Paris

Lors d'une première alliance pour les régionales de 2015, ils avaient déjà fait équipe et raflé la mise, prenant la tête de la collectivité territoriale de l'île. Dimanche, leur pari s'est avéré à nouveau gagnant, notamment parce qu'ils ont adouci leur discours pour toucher des électeurs en dehors du socle nationaliste indépendantiste.

"Je conduis une liste, Pè a Corsica, qui réunit des autonomistes, majoritaires, et des indépendantistes, minoritaires", a insisté Gilles Simeoni sur BFMTV.

Une manière de montrer patte blanche en centrant les revendications sur le modèle de l'autonomie, moins effrayant que l'indépendance pure et simple. Pour les deux dirigeants nationalistes, la priorité, outre de l'emporter lors d'un second tour qui ne devrait pas réserver de grosse surprise, est maintenant d'établir un dialogue avec Paris, pour définir les contours de cette autonomie.

Un calendrier sur 10 ans

"J’espère que dans le cadre du dialogue qui ne manquera pas de s’ouvrir avec le gouvernement et avec l’Etat nous pourrons aborder sereinement cette revendication. Nous allons travailler à la convergence de tous les nationalistes autour de la ligne stratégique que nous avons définie", a développé Gilles Simeoni."

Le programme de Pè a Corsica est articulé en 10 points, plus ou moins concrets. En première position, "la paix et la démocratie" sont définies comme les piliers du mouvement. La liste précise ensuite proposer "un calendrier politique sur 10 ans", alors que les 63 élus de la future collectivité territoriale unique seront élus dimanche pour 3 ans et demi, jusqu'aux régionales de 2021. Ensuite, il est en effet question d"obtenir un statut d'autonomie de plein droit et de plein exercice, et de le mettre en oeuvre" au cours de ces 10 ans.

Statut fiscal et lutte contre le chômage

Dans son programme, la coalition précise que ce statut devra reconnaître et organiser la compétence de la Corse à légiférer dans "les champs essentiels de l'action publique". Les domaines régaliens resteront eux de la compétence de l'Etat et les compétences communautaires de celle de l'Union européenne. Ce statut conférera aussi aux Corses la liberté "de définir et mettre en oeuvre (leurs) choix essentiels et (leur) projet de société". Sur le plan financier, il devra aussi se traduire par "un transfert de ressources permettant d'exercer les compétences dévolues" et par la création d'un "véritable statut fiscal et social". 

Sur BFMTV, Gilles Simeoni a décrit plusieurs champs d'action prioritaires: la lutte contre le chômage des jeunes et contre la désertification de l'intérieur de l'île, ainsi que la maîtrise des transports. Mais l'autonomie réclamée par les nationalistes aura également une portée symbolique.

"La question corse est politique, elle touche à la reconnaissance d’un peuple, de son existence, de ses droits", a conclu le candidat. 

Charlie Vandekerkhove