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Élections territoriales en Corse: les nationalistes largement en tête au premier tour

Les électeurs corses votaient ce dimanche pour choisir les 63 élus d'une nouvelle instance qui naîtra le 1er janvier de la fusion des deux conseils départementaux et de la collectivité territoriale.

La coalition nationaliste de Gilles Simeoni et de Jean-Guy Talamoni, est arrivée largement en tête dimanche du premier tour des élections territoriales corses avec 45,36% des voix, selon les résultats définitifs communiqués par la préfecture.

La liste nationaliste Pè a Corsica (Pour la Corse), qui rassemble les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni devance celle de la droite régionaliste de Jean-Martin Mondoloni créditée de 14,97% des voix. La liste Les Républicains emmenée par Valérie Bozzi arrive en troisième position (12,77%), devant la liste de la République en Marche de Jean-Charles Orsucci qui obtient 11,26% des suffrages.

Recul de la participation

La participation à 52,17% est en recul par rapport aux dernières élections territoriales de décembre 2015 (59,88%). Les 234.000 électeurs corses étaient appelés dimanche à voter pour choisir les 63 élus d'une nouvelle instance inédite, née de la fusion des deux conseils départementaux et de la collectivité territoriale (région).

"Le score final, il est évident que c'est une véritable lame de fond, un véritable raz de marée démocratique, qui vient confirmer et amplifier ce qui s'est passé en décembre 2015 avec la victoire des nationalistes", a réagi dimanche soir Gilles Simeoni. 

"Une île émancipée"

"Je crois qu'aujourd'hui la Corse envoie un signal très fort à Paris et dit d'une voix très largement majoritaire: nous voulons la paix, nous voulons la démocratie, nous voulons construire une île émancipée. À Paris de faire sa part de chemin pour qu'ensemble nous élaborions une solution politique", a-t-il déclaré.

"Le résultat est remarquable, au-delà de nos attentes", a dit à ses côtés Jean-Guy Talamoni. À la permanence de Pé a Corsica, les militants nationalistes, en liesse, célébraient leur victoire, Simeoni tapant dans la main de Talamoni.

"Au deuxième tour, nous allons demander aux Corses de nous placer le plus haut possible de façon à avoir une légitimité pour obtenir l'ouverture de négociations sur des sujets essentiels: la coofficialité de notre langue, le statut de résident pour protéger les électeurs, l'amnistie pour les prisonniers et les recherchés", a poursuivi Jean-Guy Talamoni.

Vers une alliance à droite?

La droite régionaliste de Jean-Martin Mondoloni arrive en deuxième position avec 14,97% des voix, suivie de la liste Les Républicains emmenée par Valérie Bozzi (12,77%) puis de la liste la République en Marche de Jean-Charles Orsucci (11,26%).

Les deux listes de Jean-Martin Mondoloni et de Valérie Bozzi pourraient s'unir en vue du second tour. "Des contacts seront pris dimanche soir", avait indiqué Jean-Martin Mondoloni auparavant. Jean-Charles Orsucci, avait pour sa part écarté l'idée d'une union contre les nationalistes.

Le petit parti indépendantiste U Rinnovu, partisan d'une ligne nationaliste plus dure, obtient 6,69% des suffrages (près de 3% en 2015) et ne peut se maintenir au 2e tour - il lui aurait fallu atteindre 7% -, mais peut s'agréger à une autre liste au second tour, ayant dépassé les 5%.

Le FN ferme la marche, la gauche patine

La gauche, qui avait présenté cinq listes en 2015, et n'en présentait qu'une cette fois-ci, menée par Jacques Casamarta (Corse insoumise), obtient 5,68% des suffrages. Cette liste commune PCF-Insoumis était soutenue par Pierre Laurent mais avait été désavouée par le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Le Front national ferme la marche avec 3,28% des suffrages.

"En #Corse, le dégagisme c'est Simeoni. Bravo! Macron sévèrement puni. Le FN ridiculisé. L'usurpation d'identité et la tambouille du PCF ont été durement sanctionnées", a réagi dimanche soir dans un tweet le leader de la France insoumise.

"Renforcer la cohésion de la société corse"

L'accord de mandature des nationalistes, en écartant l'idée de l'indépendance, a pu rassurer l'électorat. Il vise l'obtention d'un véritable statut d'autonomie dans les trois ans et sa mise en oeuvre effective dans les dix ans.

Dimanche soir, Jean-Guy Talamoni a réitéré ce souhait d'un "nouveau statut institutionnel puisque nous nous sommes donnés trois ans pour obtenir ce statut (d'autonomie) et 7 pour le mettre en oeuvre".

"Notre objectif c'est de renforcer la cohésion de la société corse (...) en nous adressant à tous les Corses et pas seulement aux nationalistes", a déclaré Gilles Simeoni à l'AFP, se posant en rassembleur.

M.P avec AFP