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Jean-Guy Talamoni: "La France est... un pays ami"

Jean-Guy Talamoni (premier plan) et Gilles Simeoni

Jean-Guy Talamoni (premier plan) et Gilles Simeoni - PASCAL POCHARD-CASABIANCA - AFP

Les deux nouveaux dirigeants de la Corse, les nationalistes Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni doivent rencontrer Manuel Valls lundi à Matignon. Au menu des discussions "avec Paris", l'autonomie de l'île et le sort des prisonniers politiques tout en gardant une distance avec la France. 

Alors qu'il sera reçu par Manuel Valls à Matignon, lundi en fin d'après-midi, Jean-Guy Talamoni a donné le ton de l'entretien sur France Info quelques semaines après un discours d'investiture en langue corse.

"La France est un pays ami, a lancé provocateur le président de l'Assemblée de Corse. Beaucoup de gens savent que notre démarche n'est pas antifrançaise, c'est une démarche pour être nous-même, ce que nous n'avons jamais cessé d'être, une Nation. (...) La question est d'instaurer des relations apaisées entre la Corse et Paris".

"Oui bien sûr, il existe un peuple corse. On va parler avec (Manuel Valls), de sa langue, de sa culture, de son histoire. Et je pense que nous arriverons à convaincre le Premier ministre", a lui expliqué sur BFMTV et RMC, Gilles Simeoni le président du Conseil exécutif de Corse. 

"Je suis sans doute corse avant d'être français"

Face au Premier ministre les deux nouveaux élus nationalistes vont plaider pour plus d'autonomie pour la Corse. Mais aussi une révision de la Constitution pour y inscrire le statut spécial de la Corse, un "droit de résident" et un transfert du droit fiscal.

"Je suis sans doute corse avant d'être français, a reconnu Gilles Simeoni. "Je ne suis pas indépendantiste, je suis autonomisme. Nous voulons construire la Corse, au niveau de son économie, de sa situation sociale." La question fiscale est aussi au centre des débats.

L'épineuse question "des prisonniers politiques"

Enfin, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni espèrent aussi obtenir de Manuel Valls l'amnistie pour les prisonniers politiques, y compris pour Yvan Colonna, dont il a été l'avocat. "Yvan Colonna est un prisonnier politique, condamné pour des faits extrêmement graves, qui a toujours protesté de son innocence avec force", a estimé le premier sur BFMTV et RMC. "Paris doit comprendre que c'est la paix que nous souhaitons, pas le renoncement", a-t-il ajouté.

"Indépendamment du point de vue que l'on peut avoir sur cet acte, il est évident que c'est un acte politique", a insisté Jean-Guy Talamoni sur France Info. Selon lui, "95% de la société corse réclament l'amnistie" aujourd'hui. Surtout, il défie la France et son gouvernement: si les élus nationalistes n'étaient pas écoutés, ils seraient "dans l'obligation d'aller à Bruxelles et dans les autres capitales européennes pour dire que la France, qui donne des leçons sur les Droits de l'Homme au monde entier" ne les applique pas pour "ce petit peuple corse qui est placé sous sa tutelle depuis le 18e siècle". 

"La Corse est dans la République, la Corse est dans la France, la langue, c'est le Français. (...) Il y a des lignes rouges qui ne peuvent pas être discutées" avait réagi Manuel Valls au moment du discours en langue corse. Pas sûr que les élus corses aient choisi de reculer à l'heure de le rencontrer.

S.A.