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Gilles Simeoni: "oui bien sûr, il existe un peuple corse"

Le Premier ministre Manuel Valls reçoit ce lundi les nouveaux patrons nationalistes de Corse. Un dossier sensible pour la majorité au pouvoir. Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a détaillé lundi matin sur BFMTV-RMC ses attentes avant cette rencontre.

Il est le nouvel homme fort de Corse. A 48 ans, le nationaliste Gilles Simeoni est devenu le nouveau président du Conseil exécutif corse. Ce lundi, il doit rencontrer Manuel Valls, à partir de 17h30. Un dossier sensible pour le gouvernement, qui refuse de reconnaître une "nation corse" -qui pourrait bénéficier d'un statut et de droits à part- mais préfère parler de "nation française" -qui englobe la Corse. Interrogé lundi matin sur la question, Gilles Simeoni s'est montré clair.

"Oui bien sûr, il existe un peuple corse. On va en parler avec lui, de sa langue, de sa culture, de son histoire. Et je pense que nous arriverons à convaincre le Premier ministre", a-t-il assuré, alors qu'il va plaider pour plus d'autonomie pour l'île de Beauté.

Des propos qui rappellent ceux prononcés un peu plus tôt sur France info par Jean-Guy Talamoni, qui avait déclaré: "La France est un pays ami."

La Corse, une région autonome à part?

"Je suis sans doute corse avant d'être français, a reconnu Gilles Simeoni. "(...) Je ne suis pas indépendantiste, je suis autonomisme. Nous voulons construire la Corse, au niveau de son économie, de sa situation sociale."

Et pour défendre les intérêts corses, Gilles Simeoni entend demander plusieurs choses au Premier ministre: une révision de la Constitution pour y inscrire le statut spécial de la Corse, un "droit de résident" et un transfert du droit fiscal.

"Les Corses sont toujours dans un état de dépendance. On entend: 'les Corses vivent aux crochets de l'Etat'. Or, nous ne voulons pas vivre aux crochets de l'Etat", a-t-il expliqué, plaidant pour le transfert du droit fiscal. "Ce qui est taxé localement peut être géré localement", a-t-il argué.

Le cas Colonna

D'un point de vue économique, Gilles Simeoni défend également l'idée d'un plan pensé par les Corses, pour les Corses. Faut-il, dès lors, envisager une "préférence régionale" pour l'île? "Le terme préférence régionale fait écho à la préférence nationale, et nous sommes hostiles aux thèses du Front national, a-t-il réfuté, condamnant au passage les propos racistes entendus récemment qui "ne correspondent pas à ce que nous voulons faire de la Corse."

Et de défendre une politique économique centrée sur les problèmes de la Corse. "Il faut prendre une certain nombre de mesures avec ce qui est la réalité du chômage en corse", a-t-il poursuivi.

Enfin, Gilles Simeoni espère aussi obtenir de Manuel Valls l'amnistie pour les prisonniers politiques, y compris pour Yvan Colonna, dont il a été l'avocat. "Yvan Colonna est un prisonnier politique, condamné pour des faits extrêmement graves, qui a toujours protesté de son innocence avec force", a-t-il estimé.

"Paris doit comprendre que c'est la paix que nous souhaitons, pas le renoncement", a-t-il ajouté.
S. C.