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Climat: Hollande donne le coup d'envoi de la Cop21

François Hollande lance jeudi la Cop21 à l'Elysée.

François Hollande lance jeudi la Cop21 à l'Elysée. - AFP

Le président de la République organise une réunion à l’Élysée en présence de nombreux ministres et personnalités et lance la mobilisation pour la Cop21 sur les réseaux sociaux (#GoCop21). Objectif: être prêt pour la grande conférence consacrée au climat qui se tiendra en décembre à Paris.

Lundi, François Hollande a prévenu. Il n'y aura "pas d'accord" à Paris pour lutter contre le dérèglement du climat si les pays riches ne s'engagent pas à financer les politiques climatiques des pays en développement. "Il y a des risques d'échec", avait-il reconnu, insistant sur la nécessité "d'engagement ferme sur les financements" de la part de tous les pays, y compris les pays émergents et du Sud, souvent montrés du doigt pour leurs émissions de CO2. Une façon de souligner en creux l'ampleur de l'ambition qu'il s'est fixé avec l'organisation de cette conférence, la Cop21, en décembre prochain.

D'ici là, François Hollande, qui tient à montrer qu'il porte personnellement le projet, va organiser ses troupes. Le président lance ce jeudi la mobilisation pour la Cop21 sur les réseaux sociaux (avec le hashtag #GoCop21) mais aussi avec une réunion à l’Élysée en présence de nombreux ministres et personnalités, parmi lesquelles Yann Arthus-Bertrand. Objectif: être prêt pour la grande conférence qui, si tout se passe bien, devrait faire entrer la France dans l'histoire de la lutte contre le réchauffement climatique.

Hollande sur tous les fronts

Jeudi, François Hollande doit ainsi fixer les enjeux de la Cop21. Un timbre spécial Cop21 doit également être dévoilé juste avant le discours du chef de l'Etat, annoncé à 12h, à moins de 90 jours de la tenue au Bourget de la conférence censée produire, sous l'égide de l'Onu, un accord universel contre le réchauffement global.

La France réunit justement dimanche et lundi les représentants de 57 pays, dont 37 ministres, pour des consultations sur les moyens de mise en oeuvre du futur accord, notamment les financements et les transferts de technologies. Ces consultations informelles se déroulent en plus des négociations officielles, qu'elles visent à faciliter, alors que le dernier round de pourparlers tenu à Bonn début septembre n'a pas permis d'avancer notablement, laissant toutes les options sur la table.

De nombreuses divergences

Le président français a également prévu de se rendre à Pékin début novembre, afin de lancer avec son homologue chinois Xi Jinping un appel "pour que nous puissions réussir la conférence sur le climat". Et la partie risque d'être rude tant les divergences sont nombreuses. A Paris, les représentants de 195 États devront tenter de s'accorder pour limiter à 2° la hausse des températures, limite fixée par les scientifiques sous peine de dégâts irréversibles.

Mais les divergences restent profondes sur de nombreux sujets, en plus des financements: la répartition des efforts entre pays riches, pauvres et émergents, la forme légale de l'accord, la question des pertes et dommages créés par le climat, etc. "Ceux qui pensaient que ce serait un parcours tracé, conduisant jusqu'à Paris avec des lauriers déjà adressés et des accords déjà signés, et que d'un coup le climat allait être changé, je dois les décevoir", avait déclaré François Hollande lundi.

"Si on ne concluait pas, si aucune mesure substantielle n'était prise, ce ne serait pas des centaines de milliers de réfugiés dans les 20-30 prochaines années que nous aurions à traiter, mais des millions", a-t-il prévenu, alors que le niveau des océans devrait augmenter d'un mètre d'ici 100 à 200 ans.

"Il reste moins de trois mois pour aboutir. Alors la France, parce qu'elle reçoit cette conférence et parce qu'elle est engagée, veut accélérer", a encore déclaré Hollande, lundi. "Un sursaut est nécessaire, et nous devons une fois encore entraîner le monde."

S. C. avec AFP