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Ces petites phrases d'Emmanuel Macron qui ont fait polémique

Si la petite phrase d'Emmanuel Macron, glissée devant les caméras mercredi lors d'un déplacement en Corrèze, fait polémique, c'est aussi parce que ce n'est pas la première.

Une fois encore, Emmanuel Macron s'attire une pluie de critiques. Sa sortie sur "ceux qui foutent le bordel", mercredi peu après une manifestation de salariés de GM&S maintenue à bonne distance de sa visite en Corrèze, a déclenché une série de commentaires outrés de la part de l'opposition.

Le chef de l'Etat n'en est pas à sa première polémique. Dès son arrivée à Bercy, Emmanuel Macron avait été plongé dans le bain médiatique. Celui qui était alors fraîchement nommé ministre de l'Economie avait donné sa première interview à Europe 1. Une phrase très critiquée en était ressortie: "Il y a dans cette société [l'abattoir Gad, NDLR] une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées". A l'époque, d'aucuns avaient mis cette sortie sur le compte de la maladresse d'un homme maîtrisant peu l'interview politique. Emmanuel Macron avait ensuite présenté ses excuses à l'Assemblée.

Les pauvres, les costards et les "fainéants"

Fin des petites phrases? Loin de là. "Les pauvres voyageront plus facilement", lance-t-il en octobre 2014 lorsqu'il présente son dispositif de cars, déclenchant la colère à gauche et à droite. "Le meilleur moyen de se payer un costard, c'est de travailler", dit-il agacé en mai 2016 à deux jeunes hommes qui viennent de l'interpeller à Lunel: "On en a marre, j'ai 21 ans, je me retrouve en fin de formation, je n'ai pas de sous pour me payer un costard-cravate comme ça".

Plus récemment, c'est surtout la petite phrase sur les "fainéants" qui a marqué les esprits. Devenu président de la République, Emmanuel Macron est critiqué sur ses premières réformes. En déplacement à Athènes, il assume. "Je serai d'une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes", affirme-t-il. Aussitôt, le terme "fainéants" est repris par l'opposition, et voilà l'Elysée obligé d'affirmer que les propos du chef de l'Etat ont été mal interprétés et "sortis de leur contexte".

"Parler comme les Français"

Erreurs de communication ou goût de la provocation? L'opposition s'indigne, et l'intéressé, interrogé après l'affaire des "fainéants", renvoie la faute sur les journalistes qui auraient relayé des propos en les "sortant de leur contexte". Interrogé sur notre antenne, un responsable départemental de la CGT l'avertit: "La détresse peut vite se transformer en colère sociale".

Du côté de La République en marche, on défend le chef de l'Etat. Ce jeudi matin, Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a brandi le droit de "parler comme les Français", "d'arrêter la langue de bois et d'oser nommer les choses". Mais à quel prix?

Ariane Kujawski