BFMTV

Assassinat du préfet Érignac: 20 ans après, l'hommage de la nation

Dominique Érignac, veuve du préfet.

Dominique Érignac, veuve du préfet. - MEHDI FEDOUACH / AFP

Il y a 20 ans jour pour jour, Claude Érignac était assassiné par un commando de nationalistes corses. Ce mardi, Emmanuel Macron rend hommage au préfet à Ajaccio.

Il fut le premier préfet tué en France depuis la seconde guerre mondiale: le 6 février 1998, il y a 20 ans jour pour jour, le préfet de Corse Claude Érignac était assassiné en pleine rue par les indépendantistes de l'île. Ce mardi, le président de la République Emmanuel Macron, qui effectue une première visite très attendue en Corse, rend hommage au haut fonctionnaire. 

À bout portant

À 10h30, le chef de l'Etat et le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sont attendus à Ajaccio dans la petite rue Colonna-d'Ornano - du nom du lieutenant-colonel Jean Colonna d’Ornano, soldat de la France libre mort en Libye en 1941 -, où le préfet de Corse était tué de trois balles, dont une à bout portant dans la tête, alors qu'il se rendait au théâtre pour assister à un concert avec son épouse. Emmanuel Macron inaugurera la place Claude Érignac où un olivier a été planté avec, gravée au sol, l'inscription "un homme, une place". La veuve du préfet, Dominique Érignac, et leurs deux enfants ont choisi les détails de cet hommage, "avec un objectif: celui de la plus grande sobriété", a expliqué l'actuel préfet de Corse, Bernard Schmeltz.

Seront présents notamment d'anciens préfets de la région et de nombreux élus insulaires dont le président nationaliste du Conseil exécutif Gilles Simeoni qui, avant d'être élu, a été l'un des avocats d'Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat de Claude Érignac. En revanche, le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni sera absent. Il explique son refus d'y participer par son "histoire politique" proche des mouvances indépendantistes clandestines.

"L'homme le plus recherché de France"

La mort de Claude Érignac avait provoqué une grande émotion en Corse. Les jours suivants, des dizaines de milliers d'insulaires avaient exprimé leur tristesse lors des plus grandes manifestations jamais organisées à Ajaccio et Bastia.

Un groupe anonyme avait revendiqué le 9 février l'assassinat du "plus haut représentant de l'Etat" en Corse. Après plusieurs mois de confusion et de fausses pistes, l'enquête avait débouché le 21 mai 1999 sur l'arrestation de quatre hommes qui passaient aux aveux. Yvan Colonna, disparu dans la nuit du 22 au 23 mai 1999 et devenu "l'homme le plus recherché de France", n'a été arrêté que le 4 juillet 2003 dans une bergerie de la commune d'Olmeto, en Corse-du-Sud. Outre ce dernier, deux membres du commando restent aujourd'hui emprisonnés.

Louis Nadau avec AFP