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Second tour des régionales: la route se ferme pour les Le Pen

Des sondages donnent les frontistes Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen battues dans le Nord et en Paca par les candidats des Républicains Xavier Bertrand et Christian Estrosi - auxquels le PS a apporté son soutien - dimanche au second tour des régionales.

Le front républicain va-t-il produire ses effets? Alors que le Front national est arrivé en tête dans six régions métropolitaines sur treize au premier tour, plusieurs sondages donnent le parti d’extrême droite battu dimanche au second tour des élections régionales dans le Nord et en Paca, deux régions où les candidats PS arrivés en troisième position se sont retirés.

Selon notre sondage Odoxa en partenariat avec Le Parisien dévoilé mercredi, Marion Maréchal-Le Pen perdrait l'élection dimanche au profit de Christian Estrosi en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où le candidat PS Christophe Castaner, arrivé troisième, s’est retiré et où le Premier ministre Manuel Valls a appelé à voter pour la droite. Arrivée en tête au premier tour avec 40,55% des voix, la candidate frontiste obtiendrait 48% des voix lors du scrutin du second tour, derrière les 52% du candidat des Républicains, qui était arrivé en deuxième position dimanche dernier en totalisant 26,48% des suffrages.

Une hypothèse corroborée par un autre sondage de l’institut TNS-Sofres pour Le Figaro et LCI publié mercredi soir qui place les candidats des Républicains Christian Estrosi et Xavier Bertrand vainqueurs au second tour des régionales dimanche face aux candidates FN Marion Maréchal-Le Pen et Marine Le Pen, respectivement en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais-Picardie. D’après cette enquête d’opinion, Christian Estrosi l’emporterait avec 54% des votes contre 46% à Marion Maréchal-Le Pen.

Toujours selon ce sondage TNS-Sofres, le report devrait aussi fonctionner à plein en Nord-Pas-de-Calais-Picardie: Xavier Bertrand (24,96% des voix au premier tour) battrait avec 53% des suffrages la présidente du Front national (40,64% des voix au premier tour), qui en recueillerait 47%. Là aussi, le candidat de la droite profiterait du désistement du candidat socialiste Pierre de Saintignon (arrivé troisième au premier tour avec 18,12% des voix) et l’appel de Manuel Valls à voter pour lui.

Un "plafond de verre"?

Si le FN était battu dimanche dans le Nord et en Paca, faudrait-il y voir un succès de la stratégie du "front républicain" prônée par le PS mais bannie par la droite?

"Ça signifiera que le plafond de verre existe toujours", analyse sur BFMTV l’éditorialiste politique Alain Duhamel. "Ça voudra dire que devant l’annonce d’une victoire arithmétique du Front national, un pourcentage suffisant d’électeurs considère qu’il faut savoir changer son vote", explique-t-il. 

"Une région au FN, c'est quasiment certain"

Cependant, "la perspective réelle d'une victoire peut aussi amplifier le score" du FN au second tour des régionales, estime Bernard Sananès, directeur de l'institut de sondage Elabe, interrogé par BFMTV.com. 

"Une région au FN, c'est quasiment certain", dans les deux autres ça reste plus serré, juge de son côté Jean-Daniel Lévy de Harris Interactive, cité par l’AFP.

En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine notamment, le maintien de la liste de gauche de Jean-Pierre Masseret, troisième au premier tour, malgré les injonctions du PS, renforce les chances de la tête de liste FN, Florian Philippot, de s'imposer en triangulaire. Le FN pourrait également créer la surprise en Bourgogne-Franche-Comté, où sa candidate Sophie Montel est sortie largement en tête dimanche, ou en Normandie. Il reste aussi en course en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, où des électeurs de droite délaissent la liste de Dominique Reynié (LR), distancée au premier tour, pour se reporter sur celle du FN Louis Aliot.

Violette Robinet avec Alexis Cuvillier