BFMTV

Qui pourrait être le Premier ministre d'Emmanuel Macron?

Emmanuel Macron a voté au Touquet le 7 mai 2017

Emmanuel Macron a voté au Touquet le 7 mai 2017 - Christophe Ena-AFP

Après qu'Emmanuel Macron a été élu dimanche soir président de la République, le nom de son Premier ministre reste entouré de mystère. Le candidat d'En Marché a cependant distillé quelques indices durant la campagne.

Emmanuel Macron sera le 8e président de la Ve République. Le candidat d'En Marche! a été élu ce dimanche soir à l'issue du second tour de l'élection présidentielle avec 65,9% des voix face à sa rivale Marine Le Pen, qui a quant à elle recueilli 34,1% des suffrages, selon les premiers chiffres. Qui pourrait être son nouveau Premier ministre ? Tout au long de sa campagne, Emmanuel Macron a distillé quelques indices sur l'identité de son futur Premier ministre.

Le choix est fait

Au début du mois de mars, l'ancien ministre de l'Économie avait déclaré qu'il préférait nommer une femme à Matignon. Le 2 mai, sur BFMTV et RMC, il donnait quelques précisions et déclarait qu'il avait "un ou deux profil en tête", "dont un profil masculin et un profil féminin".

Vendredi, celui qui allait devenir le nouveau locataire de l'Élysée assurait qu'il avait "fait le choix" de son chef de gouvernement "dans sa tête". Et précisait qu'il en annoncerait le nom "après la passation de pouvoir". Cette dernière doit avoir lieu au plus tard le 14 mai, date ultime du mandat de François Hollande.

Expérimenté sans avoir été ministre

Sur RTL en mars, le candidat d'En Marche! avait fait de "la capacité à tenir une majorité parlementaire de projet" un prérequis. "Ça veut dire qu'il faudra qu'il ou elle ait une forte expérience de l'art parlementaire et de la capacité à gouverner". Vendredi dans Le Parisien, Emmanuel Macron insistait en indiquant que ce Premier ministre de début de mandat "aura vocation à mener le combat" des législatives. "Ce sera quelqu'un qui a déjà une expérience politique, c'est indéniable." Mais il déclarait également qu'il ne souhaitait "pas avoir d'anciens ministres au gouvernement". 

"Je prône le renouveau des visages, il s'applique pour l'équipe gouvernementale de manière très claire." 

Si les noms de Christine Lagarde et Laurence Parisot ont un temps circulé, l'absence d'expérience parlementaire de l'une comme de l'autre semblent rédhibitoires.

Dans ce contexte, il paraît difficile pour le candidat du "renouvellement" de nommer Jean-Yves Le Drian, ministre pendant tout le quinquennat de François Hollande, ou encore Gérard Collomb, le sénateur-maire de Lyon, qui affirme lui-même ne pas être intéressé par le poste, tout comme Bertrand Delanoë, vieux routards de la politique.

De même pour François Bayrou, le maire de Pau, président du Modem et ancien ministre, qui lui avait proposé une alliance avant le premier tour. Emmanuel Macron avait alors déclaré qu'il ne s'agissait pas d'un "ticket". Mais il a précisé vendredi qu'il "aura un rôle important dans le projet gouvernemental et politique". 

Qu'en est-il pour Ségolène Royal? La ministre de l'Écologie s'est invitée au meeting parisien d'Emmanuel Macron. Et a déclaré dimanche soir que, après la victoire d'Emmanuel Macron, "le temps" était "venu de travailler ensemble". Emmanuel Macron avait cependant fait savoir qu'il ne comptait pas intégrer la socialiste son gouvernement. C'était avant que cette dernière ne le soutienne dans l'entre-deux-tours.

L'ouverture à droite

Un Premier ministre de droite aurait l'avantage de semer encore un peu plus le trouble au sein des Républicains mais semble difficile à mettre en œuvre: le maire du Havre, Édouard Philippe, incarne certes l'héritage juppéiste mais son poids politique reste modéré. Nathalie Kosciusko-Morizet apparaît quant à elle à la marge au sein du parti.

La piste privilégiée par le candidat d'En Marche! est celle de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France. Dans un entretien avec la presse régionale, Emmanuel Macron a ouvert fin avril la porte à Xavier Bertrand pour entrer dans sa majorité. Ce dernier, sans refuser formellement, fait cependant savoir qu'il restera "un homme de droite". Comprendre: son éventuel ralliement ne se fera pas sans concessions politiques.

Un ou une macroniste?

Trois profils semblent cocher plusieurs critères: Richard Ferrand, secrétaire général d'En Marche! au cœur du réacteur pour mener le combat des législatives. Député du Finistère depuis 2012, il a été conseiller au cabinet du secrétaire d'État aux Affaires sociales et à l'intégration Kofi Yamgnane en 1991. Il incarne un renouveau tout en ayant déjà un certaine expérience politique.

Anne-Marie Idrac a l'avantage de réunir expérience parlementaire -elle a été députée des Yvelines jusqu'en 2002- et connaissance de l'entreprise -elle a présidé la RATP puis la SNCF. La centriste de 65 ans, ancienne "juppette" et cheville ouvrière du rapprochement entre Emmanuel Macron et François Bayrou, a certes fait partie de deux gouvernements, mais à des postes de secrétaire d'État (Transports et Commerce extérieur) relativement peu exposés politiquement. 

Sylvie Goulard a elle aussi toutes ses chances. Députée européenne depuis 2009, cette énarque a notamment organisé la rencontre entre Emmanuel Macron et Angela Merkel. En 1989, elle faisait partie de l'équipe française chargée des négociations pour la réunification de l'Allemagne. La centriste n'a jamais participé à aucun gouvernement. 

C.H.A. avec Louis Nadau et Emeline Gaube (infographie interactive)