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Présidentielle: positive au Covid-19, Pécresse chamboule son agenda dans une campagne déjà compliquée

La candidate LR Valérie Pecresse lors d'un meeting à Paris, le 1er mars 2022

La candidate LR Valérie Pecresse lors d'un meeting à Paris, le 1er mars 2022 - Sameer Al-DOUMY © 2019 AFP

À l'isolement pour les sept prochains jours, la candidate LR ne pourra pas être présente lors du meeting de Bordeaux ce vendredi, ni aller à la rencontre des militants marseillais pendant le week-end. Une mauvaise nouvelle, alors que la candidate est déjà à la peine.

"Les emmerdes, ça vole en escadrille". Valérie Pécresse pourrait faire sienne la boutade de Jacques Chirac. Il faut dire que la candidate enchaîne les mauvaises nouvelles, jusqu'à être positive au Covid-19 et devoir s'isoler, à seulement 17 jours du premier tour. Un vrai caillou dans la chaussure de la représentante des LR, qui dévisse dans les sondages.

Un meeting à Bordeaux sans candidate

Plusieurs événements importants de sa campagne sont bouleversés. À commencer par sa présence ce jeudi soir dans Élysée 2022, l'émission politique de France 2. Prévue dans un premier temps dans les studios de France télévision, Valérie Pécresse y participera finalement en duplex depuis son domicile.

Elle ne sera pas non plus présente au meeting de Bordeaux ce vendredi soir. Il sera animé par Patrick Stefanini, son directeur de campagne, et l'avocat Thibaut de Montbrial. La candidate pourrait cependant apparaître en vidéo.

Sa rencontre avec les militants à Marseille le lendemain est, elle, purement et simplement annulée, d'après des informations de BFMTV, la privant de belles images dans l'une des plus grosses fédérations LR de France. Ces mauvaises nouvelles s'ajoutent à d'autres séquences malheureuses.

Des enchaînements malheureux

Après son meeting, jugé raté, au Zénith de Paris le 13 mars, l'élue francilienne a voulu tenter un coup politique, quatre jours après le début de la guerre en Ukraine. Elle a décidé d'organiser à son QG un conseil de défense autour d'anciens ministres de la Défense comme Gérard Longuet, Hervé Morin et Michèle Alliot-Marie. De quoi montrer que la patronne de la Région Île-de-France aurait l'étoffe d'un chef de guerre.

Peine perdue. La mise en scène, entre nappe de la table de la réunion qui traînait par terre, fleurs séchées sur une étagère et regard dans le vide de ses lieutenants, fut l'objet des moqueries sur les réseaux sociaux. De quoi la faire baisser dans les sondages.

Alors qu'en décembre dernier, à l'issue du congrès LR, elle semblait en mesure de se qualifier au second tour, elle n'est au mieux désormais que 4ème, voire 5ème, suivant les études d'opinion.

Des proches qui doutent de plus en plus

De quoi nourrir le doute dans son camp sur ses chances sérieuses de l'emporter. Bien consciente que les élus LR n'y croient plus vraiment, la candidate a fait une séance de câlinothérapie à l'Assemblée nationale le 15 mars, échangeant longuement avec les députés afin de les pousser à se mobiliser pour la campagne.

Son débat face à Éric Zemmour, la montrant très offensive, a été jugé réussi par ses proches. Mais pas de quoi changer la donne, à en juger par les propos de Guillaume Larrivé, qui est pourtant conseiller politique de la campagne.

"Si Valérie Pécresse est éliminée au soir du premier tour, je m'engagerai pour qu'Emmanuel Macron soit à nouveau président et pour que les Républicains participent, à l'Assemblée, à construire une nouvelle majorité pour la France", a indiqué le député dans un entretien au Point le 22 mars.

Le dernier meeting de campagne maintenu

Valérie Pécresse, elle, assure y croire encore.

"Je vous dis que je serai la surprise du second tour", a-t-elle fait valoir sur CNEWS le 21 mars dernier.

Son dernier gros meeting de campagne Porte de Versailles à Paris le 3 avril prochain devrait bien avoir lieu, une semaine tout pile avec le premier tour. C'est là que Nicolas Sarkozy avait fait basculer la campagne en 2007. De quoi donner encore un peu d'espoir à la droite.

Marie-Pierre Bourgeois