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Pour Emmanuel Macron, Mohamed Saou n’est pas "intouchable"

Emmanuel Macron face à Jean-Jacques Bourdin.

Emmanuel Macron face à Jean-Jacques Bourdin. - Capture d'écran BFMTV.

Tout en prenant la défense de ce référent d’En Marche! accusé par certains de propos polémiques, Emmanuel Macron a justifié sa suspension.

Invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi matin pour son Entretien d'embauche, Emmanuel Macron est revenu sur le cas de Mohamed Saou, ce référent d’En Marche! dans le Val d’Oise, suspendu de ses fonctions pour des publications jugées controversées sur les réseaux sociaux.

Un militant que l’ancien ministre de l’Economie a qualifié de "type bien" au micro de Beur FM vendredi, tout en admettant "un ou deux trucs un peu plus radicaux" de sa part.

Du "type bien" au militant "très mobilisé"

Interpellé par Jean-Jacques Bourdin sur ce commentaire délivré hors antenne, Emmanuel Macron a précisé son point de vue sur Mohamed Saou. Il a d’abord pris la défense d’un militant "très mobilisé pour le mouvement", dont les écrits ne tombent pas sous le coup de la loi. Il a déclaré:

"Est-ce qu’il a tenu des propos qui contreviennent aux lois de la République? Non".

Mohamed Saou avait notamment écrit qu’il "n’a jamais été et (ne sera) jamais Charlie" à la suite de la publication de dessins satiriques de Charlie Hebdo au sujet du séisme de septembre en Italie. Il avait aussi soutenu le président Recep Tayyip Erdogan lors du coup d’état manqué en Turquie à l’été 2016 et partagé plusieurs publications de Marwan Muhammad, le président du controversé Comité contre l’islamophobie en France (CCIF, accusé par ses détracteurs de complaisance avec l’islamisme).

"Des propos qui ont choqué"

Mais Emmanuel Macron n’approuve pas pour autant le fond des écrits de Mohamed Saou, comme il l’a expliqué à Jean-Jacques Bourdin:

"Il a tenu des propos avant les fonctions qu’il a prises comme référent, qui ne correspondent pas à mes positions, aux positions du mouvement. Des propos, en particulier suite à Charlie Hebdo, qui ont choqué (…). Et dans ce cadre-là, il a été mis en retrait de ses fonctions. Et il va passer devant une commission d’éthique."

L’ex-patron de Bercy a jugé que cette polémique disait "beaucoup de l’extraordinaire violence dans laquelle notre pays est aujourd’hui plongé". Il a justifié sa décision de ne pas exclure purement et simplement Mohamed Saou, au nom du respect des procédures de sa formation politique. Et pas question non plus de céder à ceux, "proches de l’extrême droite", qui ont exigé l’exclusion sèche du militant.

"Je ne céderai ni à la facilité, ni au communautarisme"

Une allusion au Front national, et peut-être aussi à certains proches de François Fillon, dont plusieurs figures ont dénoncé une supposée indulgence d’Emmanuel Macron pour des motifs électoralistes. Marine Le Pen, par exemple, en a profité pour déclarer qu'avec Macron, "ce sera l'islamisme en marche".

Pour autant, le candidat d’En Marche! s’est défendu de pencher du côté des défenseurs de Mohamed Saou. Au micro de BFMTV-RMC ce lundi, il a ajouté:

"C’est la question qui m’était posée sur Beur FM. Ils m’ont dit: 'très bien, il a une procédure parce qu’il s’appelle Mohamed Saou et vous cédez aux pression du Front national ou de la droite dure'. Non, j’ai dit de la même façon: 'ce n’est pas parce qu’il s’appelle Mohamed Saou qu’il est intouchable" (…). Moi je ne céderai ni à la facilité, ni au communautarisme."

Ghislain de Violet