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Un débat entre Copé et un représentant musulman dégénère en échange houleux

Le candidat à la primaire de la droite, Jean-François Copé, était l'invité du Grand Oral de Sciences Po, lundi 3 octobre.

Le candidat à la primaire de la droite, Jean-François Copé, était l'invité du Grand Oral de Sciences Po, lundi 3 octobre. - Patrick Kovarik - AFP

Le ton est monté très vite lundi soir, lors d'une conférence à Sciences Po Paris, entre le candidat à la primaire de la droite, Jean-François Copé, et le président du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), Marwan Muhammad.

Sur l'affiche, l'échange promettait d'être musclé. Ce lundi soir, le "Grand Oral" de Sciences Po, un débat organisé au sein de la prestigieuse école, confrontait le candidat à la primaire de la droite Jean-François Copé à Marwan Muhammad, le président du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF).

Pour rappel: Jean-François Copé, actuel maire Les Républicains de Meaux et tenant d'une droite qui se dit décomplexée, est l'initiateur de la loi sur l'interdiction du voile intégral. Marwan Muhammad, médiatique président du CCIF, est quant à lui accusé de ne pas se démarquer de l'islam radical. Il s'était vivement opposé à la loi contre le port du voile intégral.

Très tôt, la joute verbale commence entre les deux orateurs, détaille MCE. "Je voudrais vous dire ce que je pense", débute Jean-François Copé. "Derrière la formule policée, maîtrisée, vous êtes en vérité, d'une certaine manière une sorte de cheval de Troie du discours islamiste". Avant de reprendre: "Vous avez dit dans les médias que votre association est apolitique, non-confessionnelle… Et puis, qu'est-ce que je vois? Je cite: 'L'islam a la particularité d'être une religion qui a vocation à régir toutes les sphères de la vie sociale', je suis désolé de vous le dire, ce n'est pas la République française". Dans la salle, le public se réjouit de voir les coups se distribuer aussi rapidement.

Des coups distribués des deux côtés 

Lorsque le maire de Meaux vient à critiquer le président du CCIF pour s'être "insurgé" contre la fermeture d'une école confessionnelle musulmane dont le "projet ne respectait pas les règles de la République", Marwan Muhammad décide qu'il est temps de répliquer: "Vous allez lire toute la fiche de votre stagiaire ?" demande celui-ci au parlementaire.

Le ton monte vite entre les deux hommes. Jean-François Copé insiste: "Il faut que les masques tombent". L'élu dénonce les fréquentations suspicieuses du président de l'association luttant contre l'islamophobie: de l'imam de Brest, "celui qui a expliqué que si les enfants écoutaient de la musique, ils allaient être transformés en porcs", à Tariq Ramadan, en passant par l'imam du Bourget, "qui dit que la femme ne sort de chez elle qu'avec la permission de son mari". 

Le retour des pains au chocolat

Œil pour œil, dent pour dent. A chaque coup reçu, Marwan Muhammad sort les griffes: "Vous êtes en détresse argumentaire" accuse-t-il, "au point où vous citez des gens qui ne sont pas ici pour débattre. Vous me mettez en cause sur des déclarations et des prises de positions qui ne sont pas miennes". 

La fin du débat ne sonne pas la fin des hostilités. Lors des questions, une jeune femme brandit un paquet de pains au chocolat en direction de Jean-François Copé, raconte Le Figaro. Une allusion volontaire à un meeting au cours duquel Jean-François Copé avait rapporté le cas d'un jeune qui se serait fait "arracher son pain au chocolat par des voyous" au motif "qu'on ne mange pas au ramadan".

M.H.