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Fillon ne se fait "pas beaucoup d'illusions" sur sa prochaine mise en examen

François Fillon

François Fillon - Sébastien Bozon - AFP

Le candidat LR, empêtré dans les affaires, a accordé une longue interview au journal Les Echos, ce dimanche. Dans les colonnes du quotidien, il revient sur sa probable mise en examen, mercredi.

François Fillon annonçait la semaine passée qu'il se maintenait malgré sa probable mise en examen. Depuis, les défections se multiplient dans son camp. Ce dimanche, dans un entretien accordé aux Echos, il revient sur ses démêlés judiciaires.

"Ce sont les Français qui choisissent"

Ainsi, le champion de la droite et du centre, vainqueur de la primaire en novembre dernier, explique n'avoir "pas beaucoup d'illusions" sur sa prochaine mise en examen.

"Compte-tenu de la précipitation avec laquelle cette procédure est conduite, je ne me fais pas beaucoup d'illusions. Mais je suis convaincu que mon innocence sera reconnue in fine."

Sauf que le candidat à la présidentielle avait fait part de son intention de se retirer de la course s'il était mis en examen. Depuis, il était revenu sur ses propos, affirmant qu'il irait "jusqu'à la victoire". Ce dimanche, il réitère donc ses propos. 

"Ce sont les Français qui choisissent et ce sont eux qui me donneront la légitimité. Je le dis aux médias: si tout le monde doit être passé au scanner, alors passez tout le monde au scanner."

Les électeurs LR radicalisés? "Blessant" répond Fillon

Après l'annonce de son maintien, l'éventualité d'Alain Juppé comme plan B avait fait son chemin parmi les ténors de la droite. Mais depuis son fief, à Bordeaux, son ancien rival à la primaire a renoncé. Dans son dernier discours, il disait qu'une partie des électeurs LR s'était radicalisés. 

"Le mot est blessant", lui rétorque ce dimanche François Fillon dans Les Echos. "Il n'y a pas de radicalisation, le projet n'a pas changé, il n'est pas plus à droite. Le fait que la plupart des dirigeants politiques partis pendant la crise aient décidé de revenir le montre. Il n'y a pas de radicalisation, mais de la colère, oui."

Quant à l'avenir de la France, s'il ne gagnait pas... 

"Si c'est Marine Le Pen, il y aura 145 milliards de dépenses supplémentaires, la sortie de l'euro, la fermeture des frontières et un effet immédiat désastreux sur l'économie. Si c'est Emmanuel Macron, ce sera la poursuite de la politique actuelle, sans majorité, car il ne peut pas y avoir de majorité de Robert Hue à Alain Madelin."

Fin janvier, le Canard Enchaîné expliquait que Penelope Fillon et ses deux enfants auraient perçu environ un million d'euros, au total, pour plusieurs emplois présumés fictifs. Depuis, une enquête a été ouverte pour "détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d'influence et manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique"

E. H.