BFMTV

Face à la percée de Mélenchon, Hollande sort de son silence

François Hollande.

François Hollande. - SEBASTIEN BOZON / AFP

François Hollande, inquiet de la perspective d'un second tour Le Pen-Mélenchon à la présidentielle, s'est confié au Monde et au Point. "Cette campagne sent mauvais", juge-t-il.

Il avait choisi de se tenir en retrait. Il privilégiait sa tournée d’adieu et commençait même à regarder à nouveau vers la Corrèze. Mais François Hollande n’a définitivement pas renoncé à peser dans le débat politique.

Alors que Jean-Luc Mélenchon est crédité d'environ 18% des voix et semble à même de se qualifier au second tour de la présidentielle, le chef de l'Etat s'inquiète. Dans un entretien au Point à paraître jeudi, il pose un regard critique sur la percée du candidat de la France insoumise :

"Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte".

Le président de la République se méfie du "dégagisme" prôné par Jean-Luc Mélenchon. Un mot d’ordre qu'un de ses proches analyse ainsi: "Il peut exister chez les Français la tentation d’abattre le ou les favoris du scrutin".

-
- © -

"La dernière quille à rester debout"

Selon Le Monde, dans lequel François Hollande s'exprime également ce mercredi, le locataire de l'Elysée redoute que "la dernière quille à rester debout" ne finisse par sortir vainqueur du scrutin le plus imprévisible de la Ve République. Une angoisse alimentée par le tassement sondagier d'Emmanuel Macron.

Le cauchemar de François Hollande? Un deuxième tour Le Pen-Mélenchon au soir du 23 avril. Une perspective qui a inspiré ce commentaire en privé au président, rapporte Le Monde:

"Cette campagne sent mauvais".

Le "pari audacieux" de Macron

Pour conjurer cette éventualité, François Hollande semble en tout cas compter davantage sur Emmanuel Macron que sur le candidat officiel du PS, Benoît Hamon.

Interrogé par Le Point sur son ancien ministre de l'Economie, il juge a posteriori que le candidat d'En Marche! a fait un pari "pour le moins audacieux" en lançant son propre mouvement politique. Une initiative qu'il n'a pas empêchée, rappelle-t-il.

Il choisira son candidat dans l'entre-deux tours

Le président de la République, le premier de la Ve République à avoir décidé de ne pas se représenter, estime que de nouveaux visages doivent s'imposer:

"Je considère que la politique a besoin de renouvellement".

Mais François Hollande ne transmettra pas officiellement le flambeau à Emmanuel Macron d'ici au 23 avril. "Le président sait qu’appeler à voter pour Macron avant le premier tour pourrait se révéler contre-productif", explique un de ses proches au Monde.

BFMTV3138796.PNG
BFMTV3138796.PNG © -

D'après le quotidien du soir, il se prononcera en revanche pour un candidat avant le deuxième tour.

G. de V.