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Emmanuel Macron tente d'entretenir le mystère sur sa candidature en 2017

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron. - Eric Piermont - AFP

Invité du Club Bourbon mardi soir, le ministre de l’Economie a à nouveau brouillé les pistes autour de son positionnement en 2017. Refusant l’étiquette d’"aspirateur à voix" pour le compte de François Hollande, il n’a pas farouchement nié la possibilité d’une démarche personnelle.

Au jeu du ni oui, ni non, Emmanuel Macron s’entraîne depuis déjà plusieurs mois, et ne semble pas près de s’arrêter. Mardi soir à Paris, il était l’invité du Club Bourbon, un collectif d’utilisateurs de Twitter qui reçoit régulièrement des femmes et hommes politiques pour débattre "un verre à la main". Lors de sa prestation, il a multiplié les petites phrases, relayées sur le réseau social, autour de sa candidature pour 2017.

Se présentera-t-il seul ou pour le compte de François Hollande? Celui qui se disait "en plein soutien de François Hollande" en avril dernier n’est en tout cas pas voué à récolter des voix pour le président de la République, voilà la seule certitude qui ressort de ses déclarations. "Si j’avais voulu ça, je serais devenu son directeur de campagne", a lâché le ministre, refusant l’étiquette imagée d’"aspirateur à voix".

Emmanuel Macron, qui a lancé son mouvement En marche à Amiens le 6 avril dernier, s’est tout de même démarqué du président. "Les gens qui me suivent ne se reconnaissent bien souvent plus dans l’action du président", a-t-il déclaré face à son auditoire. Soutenu publiquement par plusieurs personnalités politiques, dont le sénateur-maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, Emmanuel Macron peut aussi compter sur de bons résultats dans les sondages.

D’après une étude Elabe pour BFMTV parue le 21 juin, il est le deuxième candidat favori des sympathisants de gauche dans le cas d’une primaire, avec 23% des sympathisants. Un résultat qui le place juste derrière François Hollande, et dans l’éventualité où Manuel Valls ne se présenterait pas. Mais mardi soir, Emmanuel Macron a dit tout le mal qu’il pensait d’un scrutin de ce type pour pré-sélectionner un candidat à la présidentielle : il a dit y voir une "minimisation du commun", "pour essayer de ne pas perdre face à Marine Le Pen".

Interrogé enfin sur ses ambitions personnelles et la possibilité d’une démarche en son seul nom, Emmanuel Macron a repris en substance le discours qu’il tenait lundi 27 juin dans une interview à La Voix du Nord. Il avait déclaré être "En marche vers un projet progressiste pour le pays". "Je souhaite que ce projet progressiste porte son offre en 2017. Nous nous inscrivons volontairement dans ce calendrier mais de manière positive et pas personnelle" avait-il ajouté. Mardi soir, le ministre de l’Economie a estimé qu’il fallait pouvoir "structurer une offre politique". "Cela ne m’intéresse pas si je ne peux pas agir. On verra dans 3-4 mois si mon offre politique prend et s’il y a une mobilisation", a-t-il conclu.

"Hollande invité en 2011. Macron en 2016. Réponse: 'Comme dit Breton dans Nadja: il n'y a que des hasards en politique'", a rapporté sur Twitter le Club Bourbon, pour clore le débat.

Charlie Vandekerkhove