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Débat présidentiel: des féministes regrettent que les droits des femmes n'aient pas été évoqués

Une manifestation pour les droits des femmes à Marseille en 2016 (photo d'illustration)

Une manifestation pour les droits des femmes à Marseille en 2016 (photo d'illustration) - Anne-Christine Poujoulat-AFP

Parmi les absents du débat lundi soir, "il n'y avait pas que les petit.e.s candidat.e.s: il y avait aussi les droits des femmes", dénonce Osez le féminisme. L'association regrette que ce sujet soit "saupoudré" et non envisagé comme "un projet de société".

"Recherche: propositions concrètes sur les droits des femmes", clame l'association Osez le féminisme sur les réseaux sociaux, en réaction au débat présidentiel diffusé lundi soir en direct entre cinq des onze candidats à la présidentielle.

"Parmi les absent.e.s du débat ce soir il n'y avait pas que les petit.e.s candidat.e.s: il y avait aussi les droits des femmes", regrette l'association, avec le hashtag #egalite2017.

"Un vrai sujet de société"

Selon Osez le féminisme, le sujet, qui devrait faire l'objet d'un débat public, n'a fait l'objet que d'une "manipulation grossière".

"La question des droits des femmes n'a pas été évoquée", regrette Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d'Osez le féminisme jointe par BFMTV.com. "Sauf pour être instrumentalisée, comme avec Marine Le Pen sur la laïcité. Jean-Luc Mélenchon a bien évoqué l'égalité salariale, mais dans le cadre des retraites. On aimerait que le sujet des droits des femmes soit porté de manière positive comme un vrai sujet de société."

"Il passe à la trappe"

Pour la militante, le problème est plus général. "La question, c'est 'qu'est-ce qu'un projet de société féministe?' Or, la présence des droits des femmes dans la campagne électorale est faible, voire inexistante, et saupoudre de temps en temps d'autres sujets", dénonce Raphaëlle Rémy-Leleu. 

La porte-parole d'Osez le féminisme se dit "très déçue". "On représente la moitié de la population, même un peu plus. Ce sujet est transversal et touche de nombreux domaines. Mais toujours, il passe à la trappe." Il est pourtant central à ses yeux, dans de nombreux domaines comme l'éducation: un récent rapport du Haut Conseil à l'égalité assure que l'éducation à l'égalité doit commencer dès le plus jeune âge. Central aussi sur la question des temps de travail: près de 80% des travailleurs à temps partiel restent des femmes.

Un point de vue partagé par d'autres internautes, qui ont dénoncé un manque de cohérence de la part des candidats, dont certains avaient pourtant évoqué les droits des femmes lors de précédentes interviews.

Le Planning familial a également publié une lettre ouverte adressée aux "électrices et aux électeurs" à l'approche des prochains élections présidentielle et législatives. Dans le cadre de sa campagne intitulée "Libre de nos choix", le "mouvement militant" qui se présente comme "féministe et d'éducation populaire" invite les candidats à prendre en compte ses revendications "pour une société égalitaire".

Parmi les propositions que le Planning familial souhaiterait voir évoquées durant les campagnes électorales, "la défense des droits des femmes à disposer de leurs corps", "la lutte contre le sexisme", "un projet de société égalitaire" ou encore "faire de l'égalité un axe fort des politiques européennes".

Il reste encore une chance aux candidats de se saisir de ces sujets lors du deuxième débat organisé et diffusé sur BFMTV et CNews le 4 avril, et du suivant sur France 2 le 20 avril prochain.

Céline Hussonnois-Alaya