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Droits des femmes: ce que disent les programmes des candidats

Des femmes défilent à Marseille en 2016.

Des femmes défilent à Marseille en 2016. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT- AFP

Qu'ont prévu les candidats pour avancer vers l'égalité entre hommes et femmes dans notre pays? C'est la question que s'est posé, à l'occasion de la Journée de la femme, le magazine Femme actuelle dans une enquête dont BFMTV est partenaire.

On célèbre ce mercredi la Journée de la femme. Une occasion que ne manqueront pas de saluer les candidats à la présidentielle dont les programmes respectifs évoquent la condition féminine, et les moyens de l'améliorer, dans notre pays. Le magazine Femme actuelle s'est penché sur la question dans une enquête dont BFMTV est partenaire. Voici les positions-clés des prétendants à l'Elysée dans ce domaine. 

Le monde du travail doit revoir sa copie

A gauche, on observe une certaine convergence de vues pour réduire l'écart salarial entre les hommes et les femmes dans l'entreprise. Jean-Luc Mélenchon veut obliger les sociétés à négocier à ce sujet et interdire l'accès aux marchés publics à celles pratiquant une forme de discrimination. Benoît Hamon veut, quant à lui, créer une brigade de lutte contre les discriminations exerçant dans les secteurs privé comme public, et renforcer les sanctions en cas de non-respect de l'égalité salariale. Pour lutter contre ces discriminations, Emmanuel Macron souhaite que soient menées des inspections aléatoires dans les entreprises et rendre public les noms des sociétés blâmables sous cet angle. 

François Fillon aspire à renforcer les mécanismes servant à signaler les harcèlements sexuels au travail et accroître les contrôles. Marine Le Pen, enfin, entend lancer un plan national pour l'égalité salariale. 

Pluralité des programmes sur la question des violences physiques

Les violences physiques sont bien sûr également abordées par les candidats. Emmanuel Macron voudrait lancer une grande campagne de lutte contre le harcèlement et les violences et généraliser le téléphone d'alerte.

Pour venir en aide aux victimes, la réponse de François Fillon explore d'autres pistes: il envisage de développer l'hébergement d'urgence et d'encourager les dépôts de plaintes après avoir mené une campagne de sensibilisation auprès des commissariats en amont. Jean-Luc Mélenchon a aussi ses vues sur ce dossier épineux et parle du vote d'une loi de lutte contre le sexisme. 

Divergences autour des allocations familiales

Au chapitre familial, celui-ci propose également de créer un service public de la petite enfance, la création de 500.000 places de crèches supplémentaires et le versement des allocations familiales dès le premier enfant. Le candidat socialiste préfère, quant à lui, la modulation des allocations en fonction des revenus. Sur ce point, il est sur un terrain d'entente avec le fondateur d' "En marche!" qui adopte aussi cette position. 

  • François Fillon a, pour sa part, inscrit dans sa feuille de route la volonté de réinstaurer l'universalité des allocations familiales. Il veut aussi porter le plafond du quotient familial à 3.000 euros. La leader frontiste désire elle aussi relever ce même plafond. Elle ajoute une précision: pour qu'un foyer perçoive les allocations, il faudra que l'un des parents, au moins, soit Français. 

Un clivage dans les visions sociétales

Les éventuelles réformes sociétales ont aussi mobilisé la réflexion des personnages politiques. A gauche, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron sont tous trois pour l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes seules et les couples homosexuels et contre la légalisation de la gestation pour autrui (GPA), les deux premiers en dénonçant la nature libérale. Emmanuel Macron compte cependant renforcer le statut juridique des enfants vivant en France et nés à l'étranger au moyen de cette pratique. 

Une ligne sur laquelle il ne retrouvera pas François Fillon qui souhaite au contraire revenir sur la circulaire Taubira qui facilite l'inscription à l'état-civil des enfants issus de la GPA à l'étranger. Ce dernier est également défavorable à l'extension de la PMA. Marine Le Pen est aussi opposée à la GPA comme à un élargissement du public susceptible de bénéficier de la procréation médicalement assistée. Elle prône aussi l'établissement d'une union civile en lieu et place du mariage homosexuel. 

Robin Verner