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Dans le camp Fillon, les militants rejettent la défaite sur la presse

Troisième homme du premier tour de la présidentielle, François Fillon a certainement pâti des affaires judiciaires pour l'emploi présumé fictif de son épouse ou encore la polémique autour des costumes offerts par Robert Bourgi. Mais chez ses militants et son cercle rapproché les responsables sont tout trouvés: justice et presse ont précipité sa chute.

"Cette défaite est la mienne", a assumé François Fillon dimanche soir et l'annonce de son élimination au premier de la présidentielle au bénéfice de Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Dans la foulée, il a appelé à voter pour le leader d'En marche!. Et si l'ancien Premier ministre doit s'attendre à être jugé par ses pairs lundi lors du comité politique (10h30) puis du Bureau politique (17h) du parti Les Républicains, chez ses militants le responsable du fiasco est tout trouvé: les medias.

Et les soutiens enragent: "la presse, on vous enxxxx", lance un homme au premier rang dimanche soir au QG du candidat. 

Chez lui, dire qu'il est déçu est bien trop faible. "C'est scandaleux", dit un autre homme présent quand un troisième tombe en larmes dans les bras de son ami. Dans l'esprit des militants, le Penelope Gate, du nom de l'affaire qui a fait voler en éclats la campagne de François Fillon, est une construction médiatique sur fond de complot politico-judiciaire. 

"La campagne s'est transformée en procès"

Dans les salons feutrés, les élus tiennent des propos moins fleuris mais tout aussi accusateurs. Le sénateur Roger Karoutchi estime "qu'à force de taper sur quelqu'un, ça a un impact". François Fillon "a pâti des affaires" juge le député Daniel Fasquelle, regrettant que "la présomption des affaires n'a pas joué". La campagne "a été polluée par les affaires", juge Bernard Debré. 

Amertume aussi chez Madeleine de Jessey, la porte-parole de Sens commun qui a refusé de se prononcer pour le second tour. "Cette campagne s'est transformée en procès", regrette-t-elle.

 "Depuis des mois les médias, tous les médias, et le CAC 40 font la campagne de Macron. Les juges ont décidé de flinguer Fillon, ils l'ont flingué, ça a marché", peste Anne-Marie Lepourhiet, professeur de droit.

"Il y a les télés, ici, c'est mal fréquenté"

Pêle-mêle, Le Figaro rapporte des propos tenus par le cercle rapproché du candidat, bien moins étoffé que le parterre de journalistes au QG:

"Il y a les télés, ici, c'est mal fréquenté", regrette un militant ou encore: "tous les journalistes ont une responsabilité dans ce qu'il s'est passé (...) Les médias ont été très anti-Fillon, focalisés sur les affaires".

Dans la foule, Penelope Fillon a assisté au discours de son mari. Silencieuse, visage de marbre, elle n'a rien laissé paraître. Ni accusé personne.

Salhia Brakhlia (avec Samuel Auffray)