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Valls réélu en Essonne: pourquoi le recomptage est impossible

La réélection de l'ancien Premier ministre a été vivement contestée dimanche soir par son opposante, Farida Amrani, candidate de la France insoumise. Le parti réclame un recomptage des voix.

La colère a gagné le camp de la France insoumise après le second tour des législatives. En cause: la réélection de Manuel Valls dans la 1e circonscription de l'Essonne avec seulement 139 voix d'avance face à Farida Amrani, qui revendique également la victoire. Dans son équipe, certains appellent à un nouveau recomptage des voix. Impossible d'un plan procédural.

Les bulletins détruits après le dépouillement

Le déroulement du vote et du dépouillement des bulletins de vote sont régis par l'article 65 du Code électoral: "Dès la clôture du scrutin, il est procédé au dénombrement des émargements. Ensuite, le dépouillement se déroule de la manière suivante: l'urne est ouverte et le nombre des enveloppes est vérifié." Si ce nombre ne correspond pas à la liste d'émargement, cette information est mentionnée au procès-verbal. L'urne est alors ouverte en présence du bureau ainsi que des scrutateurs, des électeurs choisis pour observer.

Les enveloppes sont alors réparties par tranche de 100. Chaque tas est alors mis dans une enveloppe, appelée "enveloppe de centaine", cachetée et signée par le président du bureau de vote et ses deux assesseurs. Chaque enveloppe est alors confiée à une table de quatre personnes, dont le nombre correspond au nombre d'isoloirs. Le nombre d'enveloppes est alors recompté: s'il est de 100, le dépouillement des bulletins peut débuter. Un scrutateur est chargé d'ouvrir l'enveloppe électorale, un second de lire le nom du candidat ou de la liste. Les deux autres scrutateurs inscrivent des bâtons en face du nom du candidat sur la liste de dépouillement.

"Une fois les opérations de lecture et de pointage terminées, les scrutateurs remettent au bureau les feuilles de pointage signées par eux, en même temps que les bulletins, enveloppes électorales et enveloppes de centaine dont la régularité leur a paru douteuse, ou a été contestée par des électeurs ou par les délégués des candidats", précise le Code électoral.

Recours

Ainsi, seuls les bulletins ou les enveloppes sur lesquels existent des doutent sont conservés. Les autres sont détruits immédiatement en présence des électeurs - en grande majorité des soutiens des candidats - venus assister au dépouillement. Un procès-verbal de l'opération électorale est alors établi, signé du président du bureau de vote, de ses deux assesseurs mais aussi des représentants des candidats, si ces derniers sont en accord avec les résultats et le déroulement du dépouillement.

Les résultats sont ensuite proclamés et affichés dans les bureaux de vote, ou, quand les électeurs sont répartis dans plusieurs bureaux de vote, le PV, en double exemplaire, est envoyé au bureau centralisateur qui est en charge de collecter et proclamer les résultats officiellement. Ce qui est le cas en Essonne.

"Aujourd'hui, on ne reconnaît pas la victoire de l'ex-Premier ministre, a déclaré dimanche soir son opposante. Il y a eu énormément d'anomalies tout au long de cette campagne." Plusieurs partisans de Farida Amrani ont fait part de leur contestation, à l'Hôtel de Ville d'Evry, là où Manuel Valls a fait un discours dimanche soir, accueilli aux cris de "tricheur" ou "annulez". La candidate de la France insoumise a d'ailleurs refusé de signer les PV de l'opération électorale et a annoncé le dépôt d'un recours. Pour les élections législatives, c'est le Conseil constitutionnel qui doit être saisi.

Justine Chevalier