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Législatives: comment les députés battus continuent de hanter l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale devrait être profondément renouvelée à l'issue des législatives.

L'Assemblée nationale devrait être profondément renouvelée à l'issue des législatives. - Thomas SAMSON - AFP

Tribune réservée, buvette, coiffeur, les anciens parlementaires peuvent continuer de bénéficier de petits privilèges au sein de la maison.

Pas moins de 95 députés socialistes sortants ont été éliminés au premier tour des législatives dimanche, selon les calculs du Monde. Et des dizaines d’autres devraient subir le même sort le 18 juin, balayés par la "vague Macron". Mais si l’Assemblée nationale va être profondément renouvelée, les anciens élus du Palais Bourbon ne disparaîtront pas forcément du paysage. En tout cas physiquement.

On le sait peu, mais les anciens députés ont la possibilité de continuer à "occuper le terrain" à l'Assemblée nationale.

"Un ancien parlementaire à accès à presque tous les services de l’institution, dans les mêmes conditions qu’un député en fonction", rappelle René Dosière, élu de l’Aisne pendant vingt ans et très bon connaisseur des arcanes du Parlement, à BFMTV.com. Revue de ces petits privilèges qui permettront aux battus de 2017 de ne pas couper complètement le cordon avec leur ancienne maison.

Un droit d’accès au Palais Bourbon

Les ex-élus de l’Assemblée nationale peuvent entrer et circuler librement dans le Palais Bourbon, sur simple présentation de leur carte d’ancien député. S’ils ne peuvent pas pénétrer dans l’hémicycle, ils peuvent assister aux débats depuis une tribune qui leur est réservée. Un emplacement ironiquement surnommé "le cimetière". Christine Boutin, par exemple, y a beaucoup suivi les travaux parlementaires lors de l’examen de la loi sur le Mariage pour tous.

Coiffeur, bibliothèque, restaurant

Les anciens députés ont accès à la bibliothèque de l’Assemblée nationale et ses 60.000 ouvrages. Pour les mêmes tarifs que les élus en poste, ils peuvent se rassasier au restaurant panoramique du Palais Bourbon ou dormir à l’hôtel des parlementaires (une cinquantaine de chambres dans la rue Saint-Dominique toute proche).

Ils peuvent aussi utiliser le salon de coiffure de l'Assemblée nationale (28 euros la coupe). "C’est l’occasion de revoir les collègues, de sentir l’atmosphère, de glaner quelques infos", explique Thomas Thévenoud dans le livre qu’il a écrit sur sa "phobie administrative". L’éphémère secrétaire d’Etat y raconte notamment que Nadine Morano s’y rend "chaque semaine".

Une "buvette des députés" très sélect

Ce restaurant de style Art nouveau, collé à l’hémicycle, n’est pas ouvert à tous les ex-députés. Seuls les "membres honoraires du Parlement", soit ceux qui ont été élus pendant au moins 18 ans, ont leurs entrées à la buvette. Une véritable institution où l’on peut lever le coude sans se ruiner. La bière y est à 80 centimes, ce qui fait d’elle la moins chère de Paris, selon Francetvinfo.

Ghislain de Violet