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Le PS totalement absent de son fief historique du Nord-Pas-de-Calais

Des affiches de campagne pour le 1er tour des élections législatives, le 30 mai 2017 à Hénin-Beaumont (Nord).

Des affiches de campagne pour le 1er tour des élections législatives, le 30 mai 2017 à Hénin-Beaumont (Nord). - Denis Charlet - AFP

Aucun candidat du Parti socialiste n'est parvenu à se qualifier dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais.

"Claque historique", "bérézina", "giflé", "balayé", "ratatiné"... Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire l’échec du Parti socialiste au soir du premier tour des élections législatives.

Les électeurs des départements du Nord et du Pas-de-Calais, qui ont pendant des années formé un fief socialiste historique, n’ont pas non plus épargné le parti. Sur les 33 circonscriptions des deux départements, aucun candidat PS n’a réussi à se qualifier pour le second tour, alors qu’il en tenait 18 depuis 2012.

Des 18 députés socialistes sortants, six se représentaient cette année sous les couleurs du parti, et un sans étiquette. Tous ont été éliminés dès le premier tour, balayés par les vagues de La République en marche et du Front national. A noter que Brigitte Bourguignon, députée socialiste sortante de la 6e circonscription du Pas-de-Calais, est arrivée en tête du premier tour... sous l’étiquette La République en marche.

La République en marche en tête

Comme le relève La Voix du Nord, c’est en effet le mouvement initié par Emmanuel Macron qui arrive en tête dans le Nord-Pas-de-Calais, avec 27,01% des votes, devant le Front national à 22,10% et Les Républicains à 15,62%.

La France insoumise constitue la quatrième force politique du premier tour, avec 11,99% des suffrages exprimés. Le Parti socialiste se contente de la cinquième place, avec la perte de bastions historiques comme Lille, où François Lamy, proche de Martine Aubry et ancien ministre de la Ville, n’est pas parvenu à se qualifier avec ses 9%.

Celui-ci "remercie" d’ailleurs sarcastiquement Manuel Valls et François Hollande sur Twitter, se lamentant d'une "soirée de bérézina" pour la gauche.

Selon Frédéric Sawicki, professeur de sciences politiques à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, c’est une "situation inédite" aux législatives depuis "au moins 1885".

Dans le bassin minier qui a longtemps voté socialiste et communiste, seule la 20e circonscription du Nord fait exception: le candidat PCF Fabien Roussel arrive en tête du premier tour, avec 23,61% des voix, à moins d’un point d'écart avec son adversaire Front national.

Liv Audigane