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ÉDITO - "Le ton de Macron est à la dramatisation" 

Emmanuel Macron a accordé une interview sur les européennes à la presse régionale, parue dans l'édition de ce mardi. Nos éditorialistes politiques, Christophe Barbier et Laurent Neumann, ont analysé la prise de parole présidentielle.

Ne se voyant pas ne rester que "spectateur" et se voulant "acteur", craignant "une dislocation" de l'Union européenne, la disant menacée par un "risque existentiel", Emmanuel Macron a accordé un entretien au sujet du scrutin continental de dimanche à neuf journalistes de la presse quotidienne régionale. Nos éditorialistes politiques, Christophe Barbier et Laurent Neumann, l'ont lu avec attention ce mardi matin.

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> "Il fait des élections un référendum anti-Marine Le Pen" 

Alors qu'Emmanuel Macron a estimé que ces européennes étaient les plus importantes depuis celles de 1979, Christophe Barbier a développé:

"Il n’a pas tort de ce côté-là puisque cette époque on vit dans une cogestion droite-gauche et ça va voler en éclats peut-être à cause des nationalismes et des populismes, mais aussi à cause des amis d’Emmanuel Macron qui vont se mettre en charnière entre la gauche et la droite. Emmanuel Macron transforme ce rendez-vous aussi en référendum anti-Marine Le Pen. Exactement comme Marine Le Pen a fait de cette élection un référendum anti-Emmanuel Macron. Et puis le président dévoile quelques cartes européennes, notamment l’idée de refonder Schengen. On le sait, il voudrait moins de pays dans l’espace Schengen pour la libre-circulation, des frontières communes plus solides et surtout un Conseil des ministres de l’Intérieur pilotant Schenghen. Schengen ne serait plus laissé aux mains de la bureaucratie."
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> "Macron désigne ses ennemis"

"Le ton est à la dramatisation. C’est un choix politique et il désigne ses ennemis. 'Puisque vous avez choisi de faire de ces élections un référendum anti-Macron, ce serait quand même fort de café que je ne puisse pas moi m’exprimer.' C’est en gros ce qu’il dit. Mais il désigne ses ennemis, et je dis 'ennemis' et non 'adversaires', et dit qu’ils sont à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Europe. Ce sont ceux qui veulent disloquer l’Europe, l’affaiblir. A l’extérieur, la Chine et la Russie et les Etats-Unis et à l’intérieur, les souverainistes et les nationalistes, avec eux, par exemple Steve Bannon, tous ces idéologues qui veulent affaiblir l’Europe. Il envoie aussi deux messages politiques. Premièrement, 'vous vous êtes plaints pendant des mois qu’il y avait dans ce pays un déficit démocratique et au moment où il y a des élections vous n’allez pas voter ? Paradoxe' et deuxième chose, même si la République en marche n’arrivait pas en tête, il ne changera pas de Premier ministre. C’est en tout cas ce qu’il dit avant l’élection."
Robin Verner