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Doubs: Philippot dénonce "un soutien implicite" de Sarkozy au PS

Le vice-président du FN Florian Philippot

Le vice-président du FN Florian Philippot - Kenzo Tribouillard - AFP

Le vice-président du Front national n'est pas le seul à critiquer l'ancien chef de l'Etat, mais pas non plus pour les mêmes raisons: les écologistes reprochent à Nicolas Sarkozy une position trop modérée face au FN.

Florian Philippot, vice-président du Front national, a voulu voir mardi un "soutien implicite" apporté par Nicolas Sarkozy au Parti socialiste et au candidat PS à l'élection législative partielle dans le Doubs, à quelques jours du second tour dimanche prochain. La position du président de l'UMP, qui estime qu'il faut dire "non au FN" tout en laissant les électeurs choisir, constitue "un soutien implicite au candidat socialiste", dénonce ainsi Florian Philippot.

"Nous disons à nos électeurs, 'C'est à vous de décider'", a notamment argumenté l'ancien chef de l'Etat devant les députés de l'opposition, mais tout en ajoutant qu'"il n'y aura(it) pas de complaisance avec le Front national, dont la victoire nationale n'est plus impossible". Dans ce contexte, "nous ne donnons pas de consignes de vote" aux électeurs du Doubs "mais nous leur demandons de prendre en compte cette dimension".

Cette décision de Nicolas Sarkozy ne fait pas l'unanimité parmi les députés de son camp, y compris très proches de lui. Ainsi, Patrick Balkany a regretté devant ses collègues que "celle-ci puisse être pris comme un soutien au PS". Le bureau politique de l'UMP doit officialiser sa position ce mardi lors de son bureau politique, alors que des ténors comme Alain Juppé ou NKM ont déjà affiché, à titre personnel, leur préférence pour le PS, pour faire "barrage au FN".

"FN ou PS, ça lui est indifférent"

"L'attitude du président de l'UMP Nicolas Sarkozy est extrêmement grave", a estimé le député EELV François de Rugy, porte-parole du groupe écologiste à l'Assemblée."D'abord parce qu'il attend plus de quarante-huit heures avant de faire le moindre commentaire". En principe, juge-t-il, "un responsable politique, a fortiori un ancien président de la République, a quelque chose à dire sur une situation politique comme celle-là tout de suite, il a anticipé (...) et il a une position claire".

"Ce qu'il dit aujourd'hui, c'est que, pour lui, qu'un électeur UMP reste chez lui, qu'il vote pour le Front national ou pour le Parti socialiste, ça lui est indifférent", a encore regretté le député de Loire-Atlantique.

"Il est évident que toutes celles et tous ceux qui diraient, d'ici dimanche, que l'élection d'une députée Front national ou d'un député socialiste, c'est indifférent (...) et auraient évidemment une part de responsabilité dans la banalisation du Front national, de ses idées", a-t-il insisté.

S.A. avec AFP