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Députés frondeurs, erreurs de casting, élus malheureux... La majorité En Marche fragile?

Une partie du groupe LREM à l'assemblée nationale le 21 mars 2018.

Une partie du groupe LREM à l'assemblée nationale le 21 mars 2018. - Jacques Demarthon - AFP

Certains ne sont "pas au niveau", d'autres défrayent la chronique, ou quittent LaREM, déçus. Plus d'un an et demi après leur élection, une partie des députés de la majorité semble ne pas avoir trouvé sa place dans le groupe.

Ils ne sont "pas au niveau" ou encore "ils brassent de l'air". Plusieurs députés LaREM ou proches du groupe ont raconté comment certains de leurs collègues étaient désorientés à l'Assemblée nationale dans le Journal du Dimanche. "On en a identifié 40 à 60 qui sont... perdus, pas bons", sur 306 députés, assure une source à l'hebdomadaire.

Après la large victoire du parti tout neuf aux élections législatives, les couacs s'étaient enchaînés pour les nouveaux députés, vantés de la société civile, mais qui avaient du mal à s'adapter aux rouages des institutions. Applaudissements à tort et à travers, oubli de voter, méconnaissance des règles... Aux erreurs de forme se sont ajoutées les critiques sur le fond.

Des vagues de découragement

"On a un groupe qui dort, qui ne sait pas monter au créneau, qui est vautré", avait déclaré Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois, en juillet 2017. Elle pensait alors avoir coupé son micro.

Les députés LaREM sont régulièrement accusés de suivre aveuglément les consignes de vote, sans opérer de réelle réflexion sur les décisions. Ils "subissent les textes", assure un député au JDD. D'après les témoignages, certains semblent en fait perdus dans leur fonction. Le président du groupe Gilles Le Gendre déclare qu'il y a en effet des "vagues" de découragement dans les rangs, parfois issues de députés qui n'ont pas de responsabilités parlementaires, et ne trouvent pas leur place au sein du parti.

"Notre mission est exigeante", explique Gilles Le Gendre, pour qui tous les députés vivent "des hauts et des bas".

D'après les informations du JDD, ils seraient une cinquantaine, sur 306, à ne pas envisager de se représenter en 2022.

Frondeurs, dans ou hors des rangs

Certains s'élèvent contre les décisions de la majorité. Dernier en date, Matthieu Orphelin, qui a démissionné du groupe début février, invoquant des avancées insuffisantes sur les "enjeux climatiques, écologiques et sociaux".

Fin novembre déjà, une poignée de députés LaREM frondeurs déclarait à propos de la crise des gilets jaunes: "On en a marre de se faire bousculer sur le terrain et surtout on n'est pas d'accord", réclamant par exemple le gel des taxes pendant trois mois. "Nous ne sommes pas à la hauteur" déclarait de son côté Patrick Vignal, député LaREM, face à Jean-Jacques Bourdin, également dans le cadre de la crise des gilets jaunes.

Depuis juin 2017, ils sont huit à avoir quitté le groupe parlementaire, dont six par déception ou opposition à LaREM.

Ceux qui défrayent la chronique

M'jid El Guerrab et Joachim Son Forget sont, eux partis pour des raisons extérieures. Le premier après avoir été mis en examen pour l'agression du responsable socialiste Boris Faure. Le second après une série de tweets improbables, et une attaque sexiste contre la sénatrice EELV Esther Benbassa.

La députée Agnès Thill a également été mise sur la sellette, après avoir tenu des propos controversés au sujet de l'extension de la Procréation Médicalement Assistée (PMA). Elle avait notamment dénoncé un "puissant lobby LGBT" à l'Assemblée, et comparé la "souffrance des femmes seules" qui veulent bénéficier de la PMA à des "drogués". Après une convocation de LaREM, elle n'a pas été renvoyée, mais a écopé d'une "mise en garde".

Salomé Vincendon