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Gilets jaunes: montrant son oreille en sang, un député LFI dit avoir été matraqué par la police à Bordeaux

Loïc Prud'homme, député France insoumise élu en Gironde, a publié ce samedi en fin de journée une vidéo dans laquelle il déclare avoir été matraqué par la police. Il a annoncé sa volonté de procéder à un signalement auprès de l'IGPN.

Le député élu dans la 3e circonscription de la Gironde, Loïc Prud'homme, a publié en fin d'après-midi une vidéo sur Twitter, captée alors qu'il quittait la manifestation des gilets jaunes de Bordeaux, dans laquelle il assure avoir été frappé par la police.

"Au cœur de la manif’ à Bordeaux, je viens de me faire matraquer par les forces de l’ordre, alors que je rentrais tranquillement pour récupérer mon vélo."

Montrant le saignement de son oreille, il a ajouté: "Je peux vous montrer, je saigne de l’oreille. Voilà le travail de la police, quand on se replie gentiment, qu'on est député de la République." Il a joint le texte suivant à la vidéo: "Matraqué alors que je quittais la manifestation tranquillement. Christophe Castaner et la préfecture d'Aquitaine, les violences policières n'existent pas? Ça suffit, vous semez le chaos!"

Signalement à l'IGPN 

Dans un tweet ultérieur, il a annoncé sa volonté d'effectuer à ce propos un signalement auprès de l'IGPN. Il l'a confirmé sur notre antenne plus tard dans la soirée. lors de cette intervention, il en a dit davantage sur les circonstances de l'événement: "Je marchais tranquillement quand on a été chargé, matraqué par des policiers. Avant d’être matraqué, j’ai levé les bras en brandissant ma carte de député, en déclinant mon identité. Rien n’y a fait on a pris une volée de matraque, assez copieuse car je suis touché à l’oreille."

Il a poursuivi:

"Le policier, une fois qu’il a eu compris sa boulette, m’a dit : ‘Vous serez convoqué, monsieur Prud’homme, car vous participez à un rassemblement interdit.’ Donc, il a fait pression sur moi pour que je ne dise rien. Aujourd’hui, on est dans un franchissement de seuil. Des policiers chargent, je ne sais pas si maintenant un député de la nation doit courir en voyant les forces de l’ordre. Ce n’est pas possible, ces gens-là sont là pour nous protéger." 

La France insoumise demande la démission de Christophe Castaner 

Le groupe de la France insoumise à l'Assemblée nationale a transmis un communiqué de presse dans la foulée.

"Mardi dernier Emmanuel Macron a franchi un seuil dans l’intimidation des manifestants en estimant que ceux qui se rendaient dans une manifestation susceptible de dégénérer se rendaient 'coupables du pire'. Des policiers ont reçu ce message 5/5 pour l’acte 16", est-il possible de lire. "En toute impunité ils ont matraqué à Bordeaux notre collègue Loïc Prud’homme qui partait pacifiquement de la manifestation. Ils l’ont fait consciemment après avoir reconnu la fonction de Loïc."

Les députés insoumis demandent la démission du ministre de l'Intérieur: "Tout matraquage d'un manifestant pacifique est scandaleux, mais frapper un député symbolise la dérive autoritaire actuelle. Le groupe LFI condamne cet acte et affirme sa solidarité à Loïc Prudhomme. Nous demandons immédiatement la démission de M. Castaner, ainsi que des excuses et l'ouverture d'une enquête de l'IGPN. Nous interpellons le président de l’ Assemblée nationale pour élever une protestation officielle auprès de l’exécutif". 

La préfecture réagit 

Interpellée, la préfecture de Nouvelle Aquitaine a réagi sur Twitter, soutenant les forces de l'ordre, et mettant l'accent sur le caractère non-déclarée de la manifestation: "Dans une manifestation non déclarée, sur un axe interdit par arrêté préfectoral et après sommations, les forces de l'ordre ont dispersé des gilets jaunes, cours Pasteur. Elles ont correctement fait leur travail. Je les soutiens totalement". 

Robin Verner