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Dégradée chez les Français, l’image de François Fillon remonte à droite

Mieux qu'hier mais moins bien qu'avant-hier. Examinée via huit qualificatifs différents, l'image de François Fillon a souffert depuis le début des polémiques à la fin du mois de janvier. Elle se porte cependant mieux qu'il y a un mois. Remobilisés, les sympathisants de la droite et du centre sont la clé de cette légère amélioration.

Certes, depuis fin janvier et les premières révélations du Canard enchaîné, l'image véhiculée par François Fillon auprès des Français a largement perdu de sa superbe mais elle s'est stabilisée et même légèrement améliorée depuis la mi-février. C'est le principal enseignement que l'on peut tirer du dernier sondage "L'opinion en direct" de l'institut Elabe pour BFMTV rendu public ce mercredi. Interrogés à propos de huit qualificatifs proposés au sujet de François Fillon, 44% des sondés ont validé son dynamisme, 42% sa volonté de vraiment changer les choses.

Une chute sensible depuis janvier

Soumis aux mêmes questions et adjectifs les 30 et 31 janvier derniers, les personnes avaient alors attribué à 43% et 46% respectivement ces traits au candidat de la droite et du centre. Au milieu du mois de février, ils étaient seulement 38 et 39% à répondre de même. Depuis, François Fillon a donc repris quelques points dans ces domaines. 

Mais là où la chute se fait sentir auprès de l'opinion pour le député parisien, c'est lorsque qu'est abordé le sujet de la détention des qualités nécessaires pour être président de la République. Il y a un mois demi, il en disposait selon 48% des personnes sollicitées mais à présent, elles ne sont plus que 36% (soit une décrue de 12 points) à apporter la même réponse. Cependant, lors du questionnaire de la mi-février, les sondés n'étaient déjà plus que 36% à aller dans ce sens. Au chapitre de la sympathie, le ressac est plus brutal encore. Au moment de savoir si le qualificatif "sympathique" s'appliquait à sa personne, François Fillon est passé en six semaines de 54% d'affirmatives à 30%. 

Une meilleure perception qu'il y a un mois

Pour ce qui est de sa capacité à rassembler la droite, 27% du panel la lui reconnaissaient les 30 et 31 janvier et 23% le confirment aujourd'hui après la crise traversée il y a dix jours par le candidat dans son camp. C'est, cependant, un point de mieux qu'il y a un mois. En outre, ils sont aujourd'hui 20% à estimer que François Fillon dit la vérité aux Français contre 29% lors de la première étude sur le sujet.

Enfin, le pourcentage de sondés considérant que l'adjectif "honnête" s'applique bien à François Fillon s'établit à quarante jours du premier tour de la présidentielle à 16%, soit 12 points de moins qu'à la fin du mois de janvier. Mais là encore, on constate une légère embellie (+un point) par rapport au sondage de février. 

Revirements dans l'électorat de la droite et du centre

Ces fluctuations à la hausse par rapport à l'étude intermédiaire s'expliquent par un regain de popularité de l'ancien Premier ministre auprès des sympathisants de la droite et du centre. Ainsi, si ils n'étaient plus que 70% (contre 79% quinze jours plus tôt) à croire en sa volonté de vraiment changer les chose le 15 février, ils sont à présent 75% parmi les sondés se revendiquant de ce segment du monde politique. La perception de son dynamisme est également revue à la hausse: 66% des sympathisants de la droite et du centre le lui appliquent aujourd'hui contre 61% la fois précédente, en février.

Enfin, François Fillon aurait les qualités nécessaires pour diriger le pays pour 68% d'entre eux, contre 66% le 15 février. Mais la baisse est sévère si l'on compare aux réponses du mois de janvier: ils étaient alors 83% à les lui prêter. La tendance est la même en ce qui concerne l'honnêteté. Cette qualité lui est encore attribuée par 39% des gens se sentant proches des idées de la droite et du centre contre 33% il y a 30 jours mais ils représentaient 57% de l'ensemble en janvier. 

L'épisode houleux au sein du parti "Les Républicains" et de l'UDI et le spectacle des défections ont laissé des traces profondes auprès de cet électorat dans un domaine en particulier: 56% des sympathisants l'estiment à présent capable de rassembler son camp contre 78% fin janvier.

Enquête réalisée en ligne pour BFMTV les 14 et 15 mars auprès de 957 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. La notice de ce sondage peut être consultée sur le site internet de la Commission des sondages:www.commission-des-sondages.fr. 

Robin Verner