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Castaner se dit prêt "à revoir la totalité de l'ordre public" mais défend l'usage du LBD

Christophe Castaner était l'invité de BFMTV-RMC ce mercredi matin. Face à Jean-Jacques Bourdin, il a évoqué le chantier de l'édiction d'une nouvelle doctrine du maintien de l'ordre.

Invité de BFMTV-RMC ce mercredi matin, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a notamment dû réagir au bilan des blessés autour du mouvement des gilets jaunes. Selon nos chiffres, on compte 2448 blessés côté manifestants, 1717 parmi les forces de l'ordre, et la police des polices a été saisie de 265 dossiers dénonçant un usage illégitime de la force, dont 105 ont été transmis au parquet.

"On n’est pas entre deux bandes qui se sont battues. D’un côté, il y a les forces de l’ordre qui sont légitimes à utiliser la force, et de l’autre, il y a des gens qui sont venus porter la violence", a estimé le ministre. 

Christophe Castaner n'a "aucun tabou" 

Le long bilan des manifestations de gilets jaunes et des interventions policières parfois contestées, ont souvent placé le ministre de l'Intérieur sur l'avant-scène politique ces derniers mois, voire sur la sellette.

Christophe Castaner a dit avoir déjà réagi et est revenu sur la refonte de la doctrine de maintien de l'ordre. "J’ai attendu que nous soyons à froid pour mettre à plat le schéma national d’ordre public. Je suis prêt à revoir la totalité de l’ordre public en France", a-t-il affirmé. Avant d'ajouter: "Je n’ai aucun tabou". Aucun tabou mais il s'agirait visiblement de ne pas toucher au lanceur de balle de défense (LBD):

"L’usage du LBD, ce que je sais, c’est que chaque jour il est utile pour protéger les policiers. Si on pouvait apprendre aux policiers à attraper les voleurs en jouant à chat en leur tapant sur l’épaule, j’y serais très favorable, mais ce n’est la réalité. Si vous n’avez pas le LBD, vous avez un problème, il ne reste plus que l’arme administrative".

Le ministre a cependant nuancé: "Dans les manifestations il faut des gens mieux formés à l’usage du LBD et à d’autres types d’armes. Il faut une meilleure formation. Je réunirai à nouveau les experts dans les semaines qui viennent". Christophe Castaner a aussi observé: "Il y a eu des blessés dans les deux camps et tous les blessés sont des blessés de trop". 

Le ministre évoque les morts de Zineb et Steve 

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs évoqué deux morts particulièrement controversées. D'abord celle de la Marseillaise Zineb Redouane, cette octogénaire morte à l'hôpital le 2 décembre après qu'elle a été blessée chez elle par une grenade lacrymogène.

"L'enquête se poursuit. Il y a eu un tir de lacrymogène contre les manifestants, et c’est un tir certainement en cloche, et une grenade lacrymogène est tombée sur le balcon, blessant gravement Zineb Redouane qui, du coup, est décédée d’un choc opératoire. C’est très grave, elle est morte, mais qu’on n’accuse pas la police d’avoir tué quelqu’un", a jugé Christophe Castaner. 

Le locataire de la Place Beauvau a aussi été interrogé sur Steve Maia Caniço, disparu le soir de la fête de la Musique à Nantes au cours d'une intervention de la police et retrouvé dans la Loire quelques semaines plus tard. "Dès le mardi suivant la fête de la Musique, j’ai pris la parole devant l’Assemblée nationale et j’ai moi-même évoqué la possibilité d’un lien avec l'intervention policière. Il appartient à l’enquête de le déterminer", a-t-il assuré.

L'ex-maire de Forcalquier, indiquant qu'il attendait désormais les conclusions de l'enquête de l'Inspection générale de l'administration (IGA), a enchaîné: "Il y a une intervention qui interroge et l’enquête de l’IGPN montre qu’elle interroge". 
Robin Verner