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Avant la primaire, Juppé perd du terrain et Sarkozy revient (un peu)

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, le 14 octobre 2015.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, le 14 octobre 2015. - Nicolas Tucat - AFP

Alain Juppé recueille 74% d'opinions favorables chez les électeurs de la droite et du centre, Nicolas Sarkozy, 57%, selon un sondage Elabe pour Les Echos et Radio Classique. Le schéma paraît toujours prometteur pour le maire de Bordeaux, mais il a perdu cinq points en un mois dans ce même baromètre, quand son rival en a gagné quatre.

Un sondage, commandé par Les Echos et Radio Classique à la société Elabe et réalisé sur Internet, dresse le top 10 des personnalités politiques préférées des sympathisants de droite et du centre. L’enquête a été menée les 2 et 3 août auprès de 1.000 individus. Malgré son bon score et sa première place au classement, le baromètre confirme l’essoufflement de la campagne d’Alain Juppé. Il y a quelques jours, BFMTV évoquait déjà le passage à vide de sa campagne. 

La primaire approche

Si le maire de Bordeaux récolte tout de même 74% de bonnes opinions parmi les siens, cela représente une perte de cinq points par rapport au mois précédent. Alain Juppé devance François Fillon, qui bénéficie d’une image positive auprès de 60% des électeurs proches ou appartenant à la droite et au centre, et Nicolas Sarkozy (57%, soit un gain de quatre points).

Des fluctuations aux enjeux de plus en plus importants dans la mesure où la primaire pour désigner le candidat de la droite et du centre à la présidentielle se tiendra entre le 20 et 27 novembre prochains.

Trop discret pour les uns, trop bruyant pour les autres

Sans parler de vases communicants, le tassement sondagier d’Alain Juppé et le relatif retour de flamme de l’ancien président sont dus aux mêmes facteurs, explique aux Echos Bernard Sananès, président d’Elabe: "A droite, c'est sa discrétion après l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray qui l'a pénalisé". Alain Juppé se trouvait en Polynésie au moment des faits et ne s'est frayé un passage dans les médias que trois jours plus tard, le 29 juillet, pour proposer ses "six leviers contre le terrorisme".

La voix d’Alain Juppé était d’ailleurs moitié moins audible dans la presse que celle de son rival Nicolas Sarkozy selon le baromètre du JDD mesurant l’exposition médiatique des candidats à la primaire de la droite et du centre en juillet.

Le problème de l’élu bordelais ne se limite pas à son camp, pour Bernard Sananès: "Alain Juppé a perdu sur tous les tableaux, à gauche pour ses déclarations suite à l'attentat de Nice." Dès le 15 juillet, le lendemain de la tuerie de la promenade des Anglais, il avait assuré que "tous les moyens n’avaient pas été pris" pour lutter contre le terrorisme. Des propos qui avaient aussi peu plu au chef du gouvernement Manuel Valls qu’à Nicolas Sarkozy, qui a jugé cette sortie "pas raisonnable".

Macron et Cazeneuve figurent dans ce classement

Le malheur des uns faisant peut-être le bonheur des autres, la baisse de forme d’Alain Juppé coïncide donc avec la naissance d’une bonne dynamique du côté de Nicolas Sarkozy. Même s’il est toujours loin, bien loin, d’Alain Juppé dans la tête et les cœurs des sympathisants de la droite et du centre avec 57% de bonnes opinions soit 17 points de moins que son rival, Nicolas Sarkozy est mieux retombé sur ses pieds après les attentats. Présent sur la scène médiatique, il a voulu faire valoir son passé de président de la République et de ministre de l’Intérieur.

Le sondage Elabe révèle une dernière chose. Hors du personnel de la droite, les personnalités appartenant à la majorité que les partisans de l’opposition favorisent sont Emmanuel Macron avec 53% d’opinions positives et Bernard Cazeneuve avec 30%. Le pensionnaire de la Place Beauvau enregistre tout de même une chute de popularité de sept points depuis les attentats.