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Au centre, Macron a un boulevard devant lui

Emmanuel Macron devant le Palais des Sports de Lyon avant son meeting le samedi 4 février.

Emmanuel Macron devant le Palais des Sports de Lyon avant son meeting le samedi 4 février. - BFMTV

Emmanuel Macron, qui ne sera pas candidat à la primaire de la gauche, se cherche des soutiens. Bien placé dans les sondages, il aimerait rallier les centristes rebutés par le programme de François Fillon.

Un vainqueur de la primaire de la droite et du centre qui retient surtout le premier terme, une gauche pas franchement en ordre de bataille, l’espace qui s’ouvre devant Emmanuel Macron est conséquent. Selon le dernier sondage Elabe pour BFMTV, il est crédité de 14 à 17% d’intentions de votes.

Une envolée sondagière et des convergences politiques

Ce sondage ne vient pas tout seul. Peu auparavant, un sondage Kantar-Sofres en faisait le troisième homme d'un premier tour fictif avec 15% des intentions de votes. En septembre, une enquête d'opinion du Cevipof le plaçait dans les mêmes eaux.

Mais les sondages ne font pas tout. La conjoncture politique aussi est intéressante pour l'énarque. L'élimination d'Alain Juppé à l'issue de la primaire est une aubaine pour ce libéral décomplexé dont le coeur de cible est un centre-gauche qui aurait pu se laisser tenter par le maire de Bordeaux. Emmanuel Rivière, sondeur chez TNS Sofres, a confirmé à Atlantico qu'Emmanuel Macron pouvait brasser plus large désormais: "Emmanuel Macron capte effectivement un électorat qui en son absence pourrait voter Hollande, Fillon, Bayrou, confirmant sa capacité à attirer dans tous les camps et à enjamber le clivage gauche droite."

Au carrefour de tous ces mouvements, il cherche à aller plus loin... et des soutiens. Emmanuel Macron a décidé d’attirer les centristes à lui, profitant du profil droitier de François Fillon. Au soir du second tour de la primaire de la droite et du centre, Emmanuel Macron appelait, sur BFMTV, François Bayrou à le rejoindre: "J'appelle François Bayrou, s'il n'est pas à l'aise avec le programme de François Fillon, à nous rejoindre, car il y a beaucoup de convergences". 

Bayrou hostile, l'UDI divisée

L’initiative ne rencontre visiblement pas le succès escompté. Au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, François Bayrou, après avoir étrillé le programme de François Fillon, a tenu à réfuter la position d’Emmanuel Macron: "Sur ce point des heures supplémentaires, le programme d’Emmanuel Macron est le même que celui de François Fillon. La première mesure qu’il a annoncée, c’est: "On supprime les heures supp’ pour les jeunes. Moi, je veux réévaluer le travail." 

En petit comité, le président du MoDem va plus loin et entend défendre son pré carré: "Jamais je ne laisserai le centre à Macron", relaie Le Parisien dans un article où un proche de l’ancien ministre de l’Economie assure:

"Il y a des rencontres avec certaines personnalités de l’UDI".

Pourtant, au centre droit, la moisson est plutôt maigre également. Cependant, 130 responsables ou militants de la section jeunes de l’UDI ont révélé leur volonté de soutenir l’ex-protégé de François Hollande.

La prudence prévaut chez les parlementaires

Les parlementaires, eux, restent plus discrets. Au-delà, certains, comme Hervé Morin, président du Nouveau centre, et son confrère Maurice Leroy, député élu dans le Loir-et-Cher, préparent même le ralliement des centristes à François Fillon, un choix plus sûr en vue de la présidentielle, et plus encore, des législatives.

Robin Verner