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Attaque des Champs-Elysées: Macron dénonce les propositions de Le Pen contre le terrorisme

Emmanuel Macron le 12 avril 2017 à Pau.

Emmanuel Macron le 12 avril 2017 à Pau. - Eric FEFERBERG / AFP

Réagissant à l'attaque commise jeudi soir sur les Champs-Elysée contre un car de policiers, qui a fait un mort et trois blessés, Emmanuel Macron a appelé ce vendredi à ne pas céder à la panique. Il a accusé la candidate du Front national de tenir un discours "irresponsable et mensonger" à propos du terrorisme.

C'est la pierre angulaire de ses discours. Marine Le Pen a fait de la lutte contre le terrorisme une de ses priorités, surtout en cette fin de campagne, puisque la candidate opère depuis quelques semaines un virage à droite en se concentrant sur les questions identitaires et sécuritaires. Jeudi soir, quelques instants après l'attaque qui a provoqué la mort d'un policier sur les Champs-Elysées la candidate frontiste a défendu la même ligne de fermeté, lors de l'émission Quinze minutes pour convaincre. "Tout n'est pas fait, pour mettre nos compatriotes à l'abri", a-t-elle estimé.

Au lendemain de cette fusillade, Emmanuel Macron a dénoncé les mesures défendues par son adversaire pour combattre le terrorisme.

"Marine Le Pen n'est pas celle qui pourra protéger nos concitoyens", a-t-il déclaré sur RTL, jugeant "ridicule" le rétablissement des frontières qu'elle propose. "Mettre tous les fichés S en prison n'a aucun sens", a-t-il ajouté. "Je me suis suffisamment battu contre la déchéance de nationalité à l’époque pour vous dire que ça n’a aucun sens. (...) Proposer la déchéance de nationalité, c'est faire preuve de démagogie", a-t-il ajouté sur France Inter. 

Expulsion des fichés S et déchéance de nationalité

Lors de son meeting à Marseille, Marine Le Pen avait accusé ses adversaires de "taire le problème du terrorisme islamiste", répétant à de nombreuses reprises que rien n'avait été fait. Allant même jusqu'à déclarer qu'avec elle, il n'y aurait pas eu Mohammed Merah ou l'attaque du Bataclan.

Comme elle l'a rappelé lors du discours donné depuis son QG ce vendredi matin, la candidate frontiste propose d'expulser tous les fichés S étrangers et de déchoir de la nationalité française puis d'expulser les fichés S binationaux si elle était élue présidente de la République.

Ne pas "céder à la panique"

Dénonçant le risque d'instrumentalisation de cette attaque, à deux jours seulement du premier tour de la présidentielle, le candidat d'En Marche! a appelé ce vendredi à ne pas céder à la panique. 

"Je pense que nous devons toutes et tous avoir un esprit de responsabilité dans cette période extrême, c'est-à-dire ne céder en rien à la panique, ne céder en rien à l'instrumentalisation qui pourrait être tentée, qui serait d'utiliser la peur", a-t-il poursuivi sur RTL. "Parce que ce que cherchent justement ces terroristes, c'est la peur, c'est de fracturer le pays, c'est de le diviser. Ils ne peuvent pas nous vaincre, ils peuvent nous affaiblir", a-t-il déclaré.

"Le risque zéro n'existe pas. Quiconque prétendrait qu'avec lui ou elle il n'y aurait pas de tel risque est à la fois irresponsable et mensonger", a conclu Emmanuel Macron, à l'adresse de Marine Le Pen.
Charlie Vandekerkhove avec AFP