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Antisémitisme: que reproche-t-on à la France insoumise?

Jean-Luc Mélenchon à Marseille ce 2 mars.

Jean-Luc Mélenchon à Marseille ce 2 mars. - BFMTV

L'ambiguïté de La France insoumise à la suite des récents actes antisémites a valu au parti d'extrême-gauche une pluie de critiques.

Au terme de plusieurs jours de tergiversations, Jean-Luc Mélenchon, l’homme fort de La France insoumise, a annoncé ce lundi qu’il allait bien participer au rassemblement contre l’antisémitisme qui se tiendra ce mardi en fin de journée place de la République à Paris et dans plusieurs autres villes de France. Si sa présence est bien confirmée, le lieu n'a en revanche pas encore été communiqué. 

Une décision salutaire pour l'ancien candidat à l'élection présidentielle et son parti, très largement pointés du doigt depuis samedi et l'agression antisémite dont a été victime le philosophe Alain Finkielkraut en marge d'un rassemblement de gilets jaunes à Paris

Il a en effet été très largement reproché à Jean-Luc Mélenchon son temps de réaction afin de condamner ces injures, une réponse qui est finalement venue d'un tweet publié ce dimanche, dans lequel le député a également défendu les gilets jaunes. 

"Autour de #Finkielkraut, il y avait aussi des #GiletsJaunes qui voulaient le défendre et s'opposer à l'attaque. Je suis avec eux", explique-t-il. 

L'ambiguïté d'un parti

Au cours du week-end, c'est l'attitude de LFI autour de l'agression antisémite d'Alain Finkielkraut qui a également fait parler. Tout commence samedi en fin de journée, lorsque le politologue Thomas Guénolé, membre du parti de Mélenchon, s'est livré sur Twitter à une réflexion polémique.

Si ce dernier assure condamner les insultes, il assure ne pas plaindre le philosophe qui pour lui "répand la haine en France. Contre les jeunes de banlieue. Contre les musulmans. Contre l'Education nationale." 

Invitée ce lundi à s'exprimer sur BFMTV, Danielle Simonnet, oratrice nationale de La France insoumise, a tenu à rappeler que le politologue avait bien, dans un premier temps, "condamné" les insultes envers Alain Finkielkraut. 

Plus tard, c'était au tour d'Aude Lancelin, directrice de la publication du Média, d'utiliser la rhétorique du "oui mais." Cette dernière a en effet estimé que l'insulte "sale juif" n'était pas audible lors de la courte séquence enregistrée et que ces accusations ne visaient qu'à instrumentaliser l'antisémitisme.

Face à cette accusation, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait dénoncé un manque "d'honnêteté intellectuelle".

"Complaisance" selon Yannick Jadot 

Reste que ces polémiques viennent s'ajouter au fait que le parti d'extrême-gauche n'avait, dans un premier temps, pas rejoint les 14 formations politiques qui avaient lancé l'appel à la manifestation contre l'antisémitisme de ce mardi. 

Dans un premier temps, Jean-Luc Mélenchon avait assuré ne pas avoir été convié, affirmation rapidement niée par Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste à l'origine du rassemblement. Finalement, au terme de cet imbroglio, plusieurs cadres du parti devraient bien défiler ce mardi. Malgré tout, le malentendu reste difficile à digérer pour Danielle Simonnet:

"Il y a eu de la part de Faure une manœuvre lamentable qui a consisté à ne pas transmettre le texte d’appel, pour ensuite dire que nous n’en serons pas. La lutte suffisamment nécessaire pour ne pas en inventer d’autres", affirme-t-elle.

Ce lundi, Yannick Jadot, eurodéputé et tête de liste écologiste pour les prochaines élections européennes, a estimé que malgré les ambiguïtés, La France insoumise avait toute sa place au rassemblement. 

"Je ne pense pas que la France insoumise dans sa construction politique n'ait quoi que ce soit à voir avec l'antisémitisme", a déclaré le député européen, avant de nuancer: "mais je pense qu'il y a aujourd'hui dans le discours d'une partie de ses dirigeants une complaisance", a-t-il conclu. 

Hugo Septier