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Accueil princier pour Emmanuel Macron en Andorre

Emmanuel Macron en Andorre.

Emmanuel Macron en Andorre. - Thierry BRETON / POOL / AFP

Le président français, "co-prince" d'Andorre au nom d'une tradition qui remonte à Charlemagne, a visité ce vendredi matin successivement les paroisses (divisions administratives) de Canillo, Encamp, Sant Julia de Loria et Ordino.

"Vive le prince!": accueilli par des enfants agitant des drapeaux andorrans, le président français Emmanuel Macron, co-prince d'Andorre, faisait vendredi la tournée des sept paroisses de ce minuscule Etat. 

Le président français, "co-prince" d'Andorre au nom d'une tradition qui remonte à Charlemagne, a visité ce vendredi matin successivement les paroisses (divisions administratives) de Canillo, Encamp, Sant Julia de Loria et Ordino.

L'actualité française l'a rattrapé, en ce jour de grève massive dans les transports parisiens à l'appel de syndicats contre la réforme des retraites, lorsqu'un couple de retraités l'a interpellé pour lui vanter le régime de retraite de la principauté pyrénéenne d'Andorre, un système à points avec un âge de départ à 65 ans. 

"Le système a été créé en 1968, avec l'aide d'experts français qui sont venus en Andorre et ont dit qu'il ne fallait pas répéter les erreurs du système français. Et qu'il était préférable d'avoir un âge de départ à 65 ans et un système à points", ont-il expliqué. "Et vous vous en portez bien ? Et c'est lisible pour les gens ?" leur a demandé avec intérêt le président. "Oui oui", lui a assuré le mari, "et c'est très équitable".

Ici "il y a un consensus qui s'est créé". Mais "quand on passe d'un système à l'autre, la peur parfois est là", a conclu Emmanuel Macron alors qu'au même moment en France les personnels de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) lançaient la première offensive syndicale contre la réforme des retraites avec une grève très suivie.

"Un enfant des Pyrénées"

Emmanuel Macron s'est adressé à la mi-journée aux membres du Conseil général, coiffés d'un bicorne traditionnel, déplorant un affaiblissement des liens économiques entre Andorre et la France et le "déclin" de la langue française dans ce petit Etat.

Le président, qui s'est décrit comme "un enfant des Pyrénées", les a aussi encouragés à mener à terme leurs difficiles négociations pour signer un accord d'association avec l'Union européenne. Pour Andorre, "le choix de l'Europe est celui d'une nouveau modèle, qui ne repose pas sur des exemptions et des facilités mais sur la beauté de ses paysages, la force de son tissu économique", a-t-il dit, en allusion au régime fiscal allégé d'Andorre.

Connue pour ses pistes de ski mais aussi les bas prix du tabac et de l'alcool, Andorre a quitté la liste "grise" de l'OCDE des paradis fiscaux en 2010, mis en place des taxations modérées et levé le secret bancaire pour les ressortissants de l'UE.

L'autre co-prince d'Andorre est traditionnellement l'évèque d'Urgell, en Espagne.

C.Bo. avec AFP